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La montagne basque malmenée par l’afflux de visiteurs

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A Saint-Jean-Pied-de-Port ( Pyrénées-Atlantiques), le 8 juin.

« La folie ! » Dans Karrika Nagusia – la grand-rue –, « nous avons eu jusqu’à 10 000 passants certains jours de juillet et août », s’exclame Annie Etcheverry, une habitante d’Espelette (Pyrénées-Atlantiques). Au point de saturer une nouvelle fois la commune que certains qualifient de « Lourdes du piment ». Mais cette saison touristique, qui prend officiellement fin à la Toussaint, fut exceptionnelle. Car les visiteurs se sont aussi déversés en masse sur les Pyrénées alentour. Une bonne affaire pour les commerçants et restaurateurs, mais aussi une source de mécontentement dans la région, parfois malmenée par l’afflux de visiteurs.

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A l’est d’Espelette, Saint-Jean-Pied-de-Port a confirmé sa renommée. « Nous avons eu beaucoup d’adeptes des randonnées, davantage encore qu’en 2019, avec nombre de Parisiens, de Bretons et de Bordelais, mais cette année peu d’étrangers, raconte Florence Steunou, conseillère à l’Office de tourisme de la ville. Dans le contexte de la crise sanitaire, la côte basque et Biarritz ont si bien fait le plein que de nombreuses familles ont délaissé les stations balnéaires surpeuplées pour les villages proches du littoral (Ascain, Sare, Saint-Pée-sur-Nivelle, Ainhoa). Destination : la montagne de La Rhune et ses 905 mètres, le site le plus visité du Pays basque avec près de 400 000 voyageurs par an sur son train à crémaillère.

Surfréquentation, déchets, flore endommagée ont été constatés en Haute-Soule, où les cimes approchent les 2 000 mètres

Durant tout l’été, les chemins n’ont pas désempli. « Nous avons organisé jusqu’à 200 % de randonnées en plus en juillet et août », estime l’association « Mendi Lagunak » d’Ascain. Cet engouement a un peu plus perturbé la faune et la flore locales. En août, les quatre bergers de Sare et d’Ascain ont dû descendre en avance leurs brebis des estives : « Les randonneurs piétinent les pâtures, amènent leurs chiens sans laisse et les brebis se dispersent loin des pistes », se plaint le berger Patxi Etxart. Les habitués du massif pointent également les papiers, les déjections ou des pottoks (chevaux sauvages) effrayés. Fin août, il a même fallu avoir recours à un hélicoptère pour sortir deux vacancières de ronces dans lesquelles elles étaient empêtrées.

Surfréquentation, déchets, flore endommagée ont également été constatés en Haute-Soule, où les cimes approchent les 2 000 mètres. Destination d’excursions du dimanche, les lieux ne sont nullement taillés pour des groupes plus ou moins bien préparés. Le maire de Larrau, Jean-Dominique Idiart, dénonce l’incivisme des visiteurs, pas toujours venus de l’extérieur. « L’agent municipal doit ramasser les détritus déposés çà et là sur la commune » qui, au fil de ses 12 680 hectares escarpés, ne compte plus que 197 habitants.

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