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La convergence des dictatures au pays des Francs

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Un pays muselé physiquement par le masque et mentalement par le politiquement correct, des habitants assignés à résidence entre confinement et couvre-feu, apeurés en même temps par le virus et par le terrorisme, soumis à des régimes d’urgence qui limitent les libertés fondamentales, des citoyens qui ne votent plus normalement et sont condamnés à écouter les discours narcissiques de leur dirigeant : sommes-nous encore en démocratie ? Évidemment, non, c’est une dictature répondront la plupart des gens.

Or, ce pays c’est la France, cette société d’individus libres devenue non une nation de citoyens solidaires comme le prétend M. Macron, mais un État voué au totalitarisme mou, dont les ressortissants voient converger vers eux tous les processus liberticides mis en œuvre plus ou moins consciemment par les politiciens qu’ils subissent depuis de longues années.

Il y a bien sûr la dictature sanitaire qui s’est installée en France, souvent avec l’assentiment des Français inquiets légitimement pour leur santé et pour leur vie. L’excès de peur, la démesure des précautions et des restrictions, le décalage entre les discours angoissants et la réalité des chiffres laissent percer deux conclusions pour le coup inquiétantes : notre vieux pays n’accepte plus le risque, et le pouvoir se sert habilement de cette tendance pour faire accepter des empiètements de plus en plus contraignants sur la vie privée et sur les libertés publiques.

La panique actuelle tient moins au nombre supposé des porteurs du virus qu’à l’insuffisance des lits de réanimation. Beaucoup de « testés positifs » ne sont ni malades, ni contaminants, ni vraiment porteurs en raison de la stratégie stupide qui a consisté à vouloir tester tout le monde sans avoir la capacité d’utiliser les résultats immédiatement.

Par ailleurs, la mortalité continue à toucher prioritairement des personnes âgées ou atteintes d’autres pathologies. L’âge médian des décès est de 84 ans. 65 % sont associés à une comorbidité. Le covid-19 peut-être présent chez une personne décédée sans être la cause déterminante de sa mort.

Or l’atmosphère étouffante créée par les informations officielles pèse sur notre vie, sur l’activité du pays. Le couvre-feu répond-il à une nécessité rationnelle ou sert-il avant tout à habituer les Français à réduire dans l’obéissance leur espace de liberté par peur de la sanction plus que par crainte de la maladie ? Le « totalitarisme de la prévention » selon le concept d’Ulrich Beck instille une dictature féminine et maternante : on ne peut qu’aimer un pouvoir qui ne vous veut que du bien….

C’est exactement le même processus qui accompagne de manière plus lente et plus abstraite la dictature verte à l’œuvre dans plusieurs municipalités françaises au nom d’un réchauffement climatique qui serait la punition des comportements irresponsables des automobilistes appelés désormais à quitter les villes ou à rouler au ralenti sur les routes. Les variations cycliques de climat ne sont pas nouvelles, le lien entre celles-ci et l’activité humaine reste à démontrer, mais il s’agit avant tout de trouver, comme pour la lutte contre l’épidémie, des coupables et de les punir, d’instaurer des règles restrictives de libertés, notamment celle d’aller et venir, et de susciter des changements de comportements : les festifs nocturnes vont se retrouver à domicile et se contaminer quand même, ceux qui choisiront le deux roues vont davantage risquer leur vie. Si le confinement a vu baisser le nombre de morts sur la route, en revanche celui des motocyclistes et des cyclistes a augmenté…

Dans les deux cas, l’interdiction, la surveillance et la sanction, cette trilogie qui progressivement nous fait passer d’un ordre légitime à un État de police, cherchent à obtenir la collaboration de ceux qui les subissent. La délation du rétif au confinement ou le regard assassin au distrait sans masque sont des signes troublants qui pour le coup devraient rappeler de mauvais souvenirs. Il est vrai que la notion même de couvre-feu y invite.

Enfin, il y a la dictature du politiquement correct qui depuis de longues années a instauré une censure au pays de Voltaire. Des lois liberticides, restreignant la liberté de la presse ou imposant une mémoire officielle, ont créé dans le domaine de la pensée et de l’expression un cercle d’interdits, de contrôle et de punition sous la surveillance des associations communautaires. Un véritable terrorisme intellectuel s’est installé avec l’autocensure qui naît inévitablement du risque de la sanction ou même simplement de la polémique qui stigmatisera l’auteur comme controversé ou sulfureux, même s’il n’est pas condamné.

L’assassinat d’un professeur par un islamiste révèle la dangereuse spirale dans laquelle notre pays s’est engagé : la députée de la circonscription a parlé d’imprudence de la part de l’enseignant.  Malgré les discours bravaches, bien des enseignants seront à l’avenir circonspects et s’autocensureront. Mesure-t-on la convergence entre la dictature du politiquement correct prête à traquer l’islamophobie, et la dictature islamique punissant de mort le blasphème ? Il n’y a aujourd’hui qu’une véritable urgence : redonner à la France le goût de la liberté, inscrit dans son nom même !

Ancien professeur de philosophie au Lycée industriel et commercial privé (LICP) de Tourcoing, Christian Vanneste a exercé plusieurs mandats électifs sous les couleurs du RPR et de l’UMP. Conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais et membre du conseil municipal de Tourcoing pendant de nombreuses années, il a aussi été député du Nord sous trois législatures. Christian Vanneste est également président d’honneur de l’association Famille et Liberté, membre du club économique Les Réformateurs et a écrit plusieurs ouvrages.

Cet article a été initialement publié sur le blogue de Christian Vanneste le 25 octobre 2020.

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Author: Christian Vanneste