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En Centrafrique, une étrange coalition militaire pour défendre le pouvoir

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Une patrouille de casques bleus de la Minusca au point kilométrique 12 (PK 12), à Bangui, capitale de la Centrafrique, le 13 janvier 2021.

Analyse. La première vague n’a pas emporté le pouvoir centrafricain. L’attaque des rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), mercredi 13 janvier, est venue mourir dans les quartiers périphériques de Bangui, chassant pour quelques heures de leur domicile des habitants apeurés. Selon le bilan officiel, trente assaillants et un casque bleu ont été tués.

La stratégie des insurgés qui forment une coalition d’intérêts prébendiers interroge encore. Déjà maîtres de plus des deux tiers du territoire, entendent-ils conquérir par les armes la capitale centrafricaine ou resserrer l’étau autour de celle-ci et durcir le blocus qu’ils lui imposent ? L’un de leurs chefs militaires admet que « quelque chose n’a pas marché, un problème de coordination », mais que « des renforts sont en mouvement en direction des faubourgs de Bangui ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’attaque rebelle sur Bangui, cruel révélateur de la fragilité du pouvoir centrafricain

Selon une bonne source, les groupes 3R et UPC (Unité pour la paix en Centrafrique) ont bien joué leur partition en attaquant respectivement aux abords des entrées sud-ouest et nord de la ville, mais les anti-balaka, sous influence de l’ancien président François Bozizé, ne seraient pas passés à l’action dans les quartiers qu’ils ont infiltrés. De quoi susciter de premières tensions internes.

Pour défendre les institutions et combattre cette étrange coalition où se retrouvent des ennemis d’hier et des habitués de tous les coups d’Etat réussis ou manqués qu’a connu la Centrafrique depuis 2003, une non moins étrange alliance est à l’œuvre. S’y retrouvent près de 12 000 casques bleus, des centaines de soldats rwandais déployés en décembre dans le cadre d’un accord bilatéral de défense signé avec le pouvoir centrafricain, un nombre indéterminé de paramilitaires russes de la société Wagner et, dans une moindre mesure, la France, dont deux Mirage sont par deux fois allés survoler les troupes rebelles.

« Une Minusca obsédée par les élections »

Au-devant de la scène, la Minusca – la mission des Nations unies – est tout d’abord apparue comme la principale promotrice des élections générales du 27 décembre. Environ 30 millions d’euros ont été investis dans leur organisation, dont 20 par l’Union européenne, pour un résultat contestable.

Le chef de l’Etat Faustin-Archange Touadéra l’a emporté avec 53 % des suffrages, mais plus de la moitié du corps électoral a été privée de son droit de vote du fait des menaces de la rébellion (La Cour constitutionnelle qui a validé lundi 18 janvier la réélection du président a ramené le taux de participation de 76 à 35%). Là où les élections ont pu se tenir, la sincérité des scores est sujette à caution, alors qu’aucun bureau de vote n’a publié ses résultats et que le nombre de votes par dérogation laisse circonspects plusieurs experts électoraux.

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Même si les expériences passées ont montré que la convocation d’un scrutin n’était d’aucune utilité pour sortir d’un conflit, « la Minusca est depuis des mois obsédée par les élections et un report aurait été vécu comme un échec, décrypte un observateur étranger. Elle s’est mise dans une posture de soutien total à ce processus en affirmant que la situation était sous contrôle. Elle s’est piégée elle-même et se retrouve désormais face à sa seule possibilité qui est de collaborer avec des mercenaires russes et le gouvernement. »

Au Conseil de sécurité et chez certains pays contributeurs de troupes, des dents commencent à grincer devant cette association avec des soldats de fortune réputés proches du Kremlin et des autorités centrafricaines qui se raidissent.

Soldats rwandais et paramilitaires russes

Par ailleurs, alors que Bangui entend profiter d’une prochaine réunion à New York le 21 janvier pour demander « une levée, même temporaire, de l’embargo » sur les armes, des donateurs s’agacent devant le peu de résistance des forces locales, pourtant restructurées par des formateurs étrangers. « Dans l’arrière-pays, elles sont toutes réfugiées dans nos emprises. Certaines ont déserté avant même le premier engagement », se désole une source onusienne.

Quelques unités centrafricaines ont participé au combat, mais l’essentiel de la défense du régime est laissé aux mains des soldats rwandais et des privés russes. Si, pour les premiers, se pose la question de leur collaboration avec leurs concitoyens engagés sous la bannière de l’ONU, les interrogations sont encore plus fortes concernant l’implication de Moscou dans la crise centrafricaine.

Lire aussi « La Centrafrique n’est jamais vraiment passée de la crise à la réconciliation »

La Russie, qui a commencé à s’investir dans ce pays fin 2017, a renforcé en décembre sa présence avec « 300 instructeurs militaires ». « Personne n’est dupe sur leur fonction réelle mais personne n’a osé rien dire car il s’agissait de défendre les institutions » relate l’observateur précédemment cité. Mercredi 13 janvier, devant le Conseil de sécurité, la Russie a fait savoir qu’elle réduisait officiellement la voilure en rapatriant ces soldats et quatre hélicoptères qu’elle avait déployés chez son nouvel allié africain.

Cependant, selon plusieurs sources, deux autres hélicoptères, dont un Ecureuil, ont été laissés sur place, repeints en blanc et sans immatriculation, et le départ de Wagner n’est pas annoncé. Alors que des soupçons de bavures pèsent sur les paramilitaires russes à Grimari et dans les environs de Boda, « l’espoir d’une formalisation du lien avec Bangui ne semble pas être la direction choisie par Moscou », s’inquiète un diplomate.

Aucune importance géostratégique

Dans ce contexte délétère, la France, qui fut longtemps toute puissante dans son ancienne colonie, semble aujourd’hui paralysée. Accusée par des cercles proches du pouvoir d’appuyer en sous-main la rébellion, Paris a exposé publiquement son appui à Faustin-Archange Touadéra. Par deux fois, Emmanuel Macron l’a appelé pour lui signifier son soutien. Des Mirage ont survolé les positions de la CPC.

« La France est coincée. Elle est allée très loin dans son soutien à Touadéra, car elle a le sentiment qu’en s’opposant aux autorités elle sera mise dehors par les Russes et les Chinois, analyse Roland Marchal du Centre de recherches internationales. La Centrafrique est un dossier où elle ne peut prendre que des coups mais, n’ayant pas d’intérêt sur place, elle aurait au moins pu défendre la qualité du processus électoral. »

Devant l’arrivée de ces nouveaux acteurs, les pays de la région, en premier lieu le Tchad et le Congo-Brazzaville, restent discrets, se contentant de dénoncer les tentatives de prise de pouvoir par la force et appelant au dialogue entre les parties en conflit. Nombre d’observateurs estiment cependant que ces deux voisins influents, agacés par trop d’interférences dans leur pré carré, pourraient à terme soutenir les rebelles contre ces éléments exogènes. La Centrafrique deviendrait alors le théâtre d’une véritable crise internationale, un paradoxe pour un pays qui, dans l’acceptation générale, n’a aucune importance géostratégique.


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Mali : Course aux vaccins anti-covid : L’Union africaine obtient 270 doses pour le continent

Une photo à titre illustratif
Une photo à titre illustratif

L’Union africaine a obtenu une dose importante de vaccins anti-covid pour le continent. Ces vaccins, commandés directement auprès de trois laboratoires de vaccins, viendront compléter les doses devant arriver dans le cadre de l’initiative Covax.

Plus question de rester l’éternelle mendiante qui ne dépend que de la charité des plus offrants. L’Afrique, dont la plupart des pays ne dispose pas de moyens conséquents pour financer l’immunisation de leurs populations, s’engage dans la course aux vaccins anti-covid. L’Union africaine (UA), dont la présidence tournante est assurée par l’Afrique du sud, a obtenu 270 millions de vaccins anti-covid pour le continent. L’annonce a été faite, mercredi 13 janvier 2021. Entre avril et juin, 50 millions de doses seront déjà disponibles.

« Nous avons franchi une étape supplémentaire pour obtenir des vaccins de manière indépendante en utilisant nos propres ressources limitées », a déclaré le président sud-africain Cyril Ramaphosa, cité dans le communiqué du mercredi dernier. L’Union africaine a passé directement sa commande auprès des laboratoires Pfizer-BioNTech, AstraZeneca et Johnson & Johnson. Selon le président sud-africain, « ces efforts visent à compléter les efforts du Covax, et à garantir que le plus grand nombre possible de doses de vaccin soient disponibles dans toute l’Afrique dès que possible ».

En effet, avec la campagne mondiale Covax, qui vise à distribuer les vaccins anti-covid-19 dans les pays à faible revenus, l’Afrique doit recevoir 600 doses de vaccins. Les volumes devant arrivés dans le cadre de cette initiative de soutien ne suffiront pas à couvrir le besoin de vaccins sur le continent. Chose que l’UA a vite compris : « Si l’initiative Covax est essentielle pour l’Afrique, l’Union africaine craint que les volumes, qui seront disponibles entre février et juin, ne dépassent pas les besoins pour les soignants et ne soient donc pas suffisants pour contenir les chiffres croissants de la pandémie en Afrique » Or, « nous ne pouvons pas attendre. Il ne s’agit pas d’une vaccination contre la polio ou la rougeole. Nous devons le faire rapidement. Nos économies souffrent, nos populations meurent », a affirmé, jeudi 14 janvier 2021, lors d’une conférence de presse, John Nkengasong, directeur de l’Africa CDC.

Ces doses permettront-elles à l’Afrique d’atteindre l’objectif de l’Africa CDC qui est de parvenir à la vaccination de 60% de la population africaine ? Avec ses 1,3 milliard de personnes, le continent aurait besoin de plus de 2 milliards de doses de vaccins en raison de deux doses par personne.

Cette commande directe de l’Union africaine auprès de ces laboratoires de vaccins est un signal fort. Elle montre la détermination des pays africains à s’engager pour le bien-être de leurs populations. Notons qu’en dehors de cette commande collective, des pays ont déjà engagé des commandes individuelles. Tel est le cas de l’Algérie, qui a acheté le vaccin russe Spoutnik V ; du Maroc, qui a opté pour AstraZeneca et du chinois Sinopharm. Quant au Sénégal, celui-ci aurait annoncé être en discussion avec Sinopharm.

Il n’y a pas de temps à perdre pour commencer les campagnes de vaccination en Afrique. Selon les chiffres de l’Africa CDC, le continent a enregistré 3,1 millions de cas de Covid-19 et près de 75.000 morts. Chaque jour, le continent enregistre près de 30.000 nouveaux cas, contre 18.000 au cours de la première vague de coronavirus, selon M. Nkengasong. Il faut agir vite pour lever l’embargo sur les économies du continent.

Fousseni Togola

Source: Le Pays



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Author: Mamadou Makadji

Course aux vaccins anti-covid : L’Union africaine obtient 270 doses pour le continent

L’Union africaine a obtenu une dose importante de vaccins anti-covid pour le continent. Ces vaccins, commandés directement auprès de trois laboratoires de vaccins, viendront compléter les doses devant arriver dans le cadre de l’initiative Covax.

Plus question de rester l’éternelle mendiante qui ne dépend que de la charité des plus offrants. L’Afrique, dont la plupart des pays ne dispose pas de moyens conséquents pour financer l’immunisation de leurs populations, s’engage dans la course aux vaccins anti-covid. L’Union africaine (UA), dont la présidence tournante est assurée par l’Afrique du sud, a obtenu 270 millions de vaccins anti-covid pour le continent. L’annonce a été faite, mercredi 13 janvier 2021. Entre avril et juin, 50 millions de doses seront déjà disponibles.

« Nous avons franchi une étape supplémentaire pour obtenir des vaccins de manière indépendante en utilisant nos propres ressources limitées », a déclaré le président sud-africain Cyril Ramaphosa, cité dans le communiqué du mercredi dernier. L’Union africaine a passé directement sa commande auprès des laboratoires Pfizer-BioNTech, AstraZeneca et Johnson & Johnson. Selon le président sud-africain, « ces efforts visent à compléter les efforts du Covax, et à garantir que le plus grand nombre possible de doses de vaccin soient disponibles dans toute l’Afrique dès que possible ».

En effet, avec la campagne mondiale Covax, qui vise à distribuer les vaccins anti-covid-19 dans les pays à faible revenus, l’Afrique doit recevoir 600 doses de vaccins. Les volumes devant arrivés dans le cadre de cette initiative de soutien ne suffiront pas à couvrir le besoin de vaccins sur le continent. Chose que l’UA a vite compris : « Si l’initiative Covax est essentielle pour l’Afrique, l’Union africaine craint que les volumes, qui seront disponibles entre février et juin, ne dépassent pas les besoins pour les soignants et ne soient donc pas suffisants pour contenir les chiffres croissants de la pandémie en Afrique » Or, « nous ne pouvons pas attendre. Il ne s’agit pas d’une vaccination contre la polio ou la rougeole. Nous devons le faire rapidement. Nos économies souffrent, nos populations meurent », a affirmé, jeudi 14 janvier 2021, lors d’une conférence de presse, John Nkengasong, directeur de l’Africa CDC.

Ces doses permettront-elles à l’Afrique d’atteindre l’objectif de l’Africa CDC qui est de parvenir à la vaccination de 60% de la population africaine ? Avec ses 1,3 milliard de personnes, le continent aurait besoin de plus de 2 milliards de doses de vaccins en raison de deux doses par personne.

Cette commande directe de l’Union africaine auprès de ces laboratoires de vaccins est un signal fort. Elle montre la détermination des pays africains à s’engager pour le bien-être de leurs populations. Notons qu’en dehors de cette commande collective, des pays ont déjà engagé des commandes individuelles. Tel est le cas de l’Algérie, qui a acheté le vaccin russe Spoutnik V ; du Maroc, qui a opté pour AstraZeneca et du chinois Sinopharm. Quant au Sénégal, celui-ci aurait annoncé être en discussion avec Sinopharm.

Il n’y a pas de temps à perdre pour commencer les campagnes de vaccination en Afrique. Selon les chiffres de l’Africa CDC, le continent a enregistré 3,1 millions de cas de Covid-19 et près de 75.000 morts. Chaque jour, le continent enregistre près de 30.000 nouveaux cas, contre 18.000 au cours de la première vague de coronavirus, selon M. Nkengasong. Il faut agir vite pour lever l’embargo sur les économies du continent.

Fousseni Togola


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Author: bamada.net

Distribution des vaccins anti-covid : l’Afrique n’entend point rester dans la dépendance

L’Union africaine a obtenu une dose importante de vaccins anti-covid pour le continent. Ces vaccins, commandés directement auprès de trois laboratoires de vaccins, viendront compléter les doses devant arriver dans le cadre de l’initiative Covax.

Plus question de rester l’éternelle mendiante qui ne dépend que de la charité des plus offrants. L’Afrique, dont la plupart des pays ne disposent pas de moyens conséquents pour financer l’immunisation de leurs populations, s’engage dans la course aux vaccins anti-covid. L’Union africaine [UA], dont la présidence tournante est assurée par l’Afrique du Sud, a obtenu 270 millions de vaccins anti-covid pour le continent. L’annonce a été faite, mercredi 13 janvier 2021. Entre avril et juin, 50 millions de doses seront déjà disponibles.

Disponible pour toute l’Afrique

« Nous avons franchi une étape supplémentaire pour obtenir des vaccins de manière indépendante en utilisant nos propres ressources limitées », a déclaré le président sud-africain Cyril Ramaphosa, cité dans le communiqué du mercredi dernier. L’Union africaine a passé directement sa commande auprès des laboratoires Pfizer-BioNTech, AstraZeneca et Johnson & Johnson. Selon le président sud-africain, « ces efforts visent à compléter les efforts du Covax, et à garantir que le plus grand nombre possible de doses de vaccin soient disponibles dans toute l’Afrique dès que possible ».

En effet, avec la campagne mondiale Covax, qui vise à distribuer les vaccins anti-covid-19 dans les pays à faibles revenus, l’Afrique doit recevoir 600 doses de vaccins. Les volumes devant arriver dans le cadre de cette initiative de soutien ne suffiront pas à couvrir le besoin de vaccins sur le continent. Chose que l’UA a vite compris : « Si l’initiative Covax est essentielle pour l’Afrique, l’Union africaine craint que les volumes, qui seront disponibles entre février et juin, ne dépassent pas les besoins pour les soignants et ne soient donc pas suffisants pour contenir les chiffres croissants de la pandémie en Afrique » or, « nous ne pouvons pas attendre. Il ne s’agit pas d’une vaccination contre la polio ou la rougeole. Nous devons le faire rapidement. Nos économies souffrent, nos populations meurent », a affirmé, jeudi 14 janvier 2021, lors d’une conférence de presse, John Nkengasong, directeur de l’Africa CDC.

Ces doses permettront-elles à l’Afrique d’atteindre l’objectif de l’Africa CDC qui est de parvenir à la vaccination de 60 % de la population africaine ? Avec ses 1,3 milliard de personnes, le continent aurait besoin de plus de 2 milliards de doses de vaccins en raison de deux doses par personne.

Un signal fort

Cette commande directe de l’Union africaine auprès de ces laboratoires de vaccins est un signal fort. Elle montre la détermination des pays africains à s’engager pour le bien-être de leurs populations. Notons qu’en dehors de cette commande collective, des pays ont déjà engagé des commandes individuelles. Tel est le cas de l’Algérie, qui a acheté le vaccin russe Spoutnik V ; du Maroc, qui a opté pour AstraZeneca et du chinois Sinopharm. Quant au Sénégal, celui-ci aurait annoncé être en discussion avec Sinopharm.

Il n’y a pas de temps à perdre pour commencer les campagnes de vaccination en Afrique. Selon les chiffres de l’Africa CDC, le continent a enregistré 3,1 millions de cas de Covid-19 et près de 75 000 morts. Chaque jour, le continent enregistre près de 30 000 nouveaux cas, contre 18 000 au cours de la première vague de coronavirus, selon M. Nkengasong. Il faut agir vite pour lever l’embargo sur les économies du continent.

Chiencoro

Source: Phileingora


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Author: bamada.net

Avant le génocide des Tutsi au Rwanda, la France a reçu des alertes claires et régulières

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Des réfugiés rwandais fuient vers la Tanzanie, le 30 mai 1994.

Un génocide n’est pas une tempête inattendue. Il se dessine, se prépare. Il réclame une idéologie de haine, des propagateurs et une logistique, y compris des armes. Dès octobre 1990, à la suite d’une attaque du Front patriotique rwandais (FPR), formé par des exilés tutsi en Ouganda, plusieurs centaines de militaires français sont déployés au Rwanda dans le cadre de l’opération « Noroît ». A l’époque, le gouvernement français suit attentivement la situation, qui se dégrade au fil des mois. Il n’ignore rien des massacres et des arrestations massives de civils tutsi qui se multiplient, comme le confirment les nouvelles archives de l’Elysée, auxquelles François Graner, physicien et directeur de recherches au CNRS, a eu accès.

Un document daté du 6 février 1991 le prouve. Jacques Pelletier, ministre français de la coopération, ne cache pas son angoisse. « Monsieur le Président, la situation du Rwanda m’inquiète de plus en plus, écrit-il à François Mitterrand, qui paraphe le document. Le président Habyarimana ne donne pas les gages d’ouverture qui lui ont été conseillés à plusieurs reprises… Les modifications gouvernementales semblent privilégier les éléments durs hostiles à la discussion avec les rebelles [du FPR]. Mme Habyarimana et son clan [autour de la première dame s’est constitué un cercle politique et financier composé d’extrémistes hutu appelé l’Akazu] ont repris les choses en main… Si cette évolution se poursuit, je crains que le régime ne puisse pas tenir très longtemps. »

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La lutte pour l’ouverture des archives sur le Rwanda entre dans une phase décisive

Début 1992, une nouvelle vague de violences se produit. Grâce aux militaires français présents sur place, Paris sait tout, mais s’obstine à soutenir le régime de Juvénal Habyarimana, proche de François Mitterrand. « Des massacres interethniques ont été perpétrés par des milices proches du parti au pouvoir (…). La présence de nos militaires, qui évite le pire, contribue à la survie du régime (…). Par contre, la proximité de nos troupes des zones de massacre peut susciter des interrogations », soulignent le général Christian Quesnot, chef d’état-major particulier, et Thierry de Beaucé, chargé de mission à l’Elysée, dans une note au président, le 3 avril 1992.

« Impasse »

Dans un rapport de janvier 1993, l’ambassadeur à Kigali, Georges Martres, expose les ressorts de la politique africaine de la France, marquée par une obsession de son espace d’influence francophone, face aux puissances anglophones. Après octobre 1990, écrit-il, « le Rwanda a été traité comme l’aurait été dans un cas analogue le Sénégal ou la Côte d’Ivoire. Kigali a pris normalement sa place sur un axe politique, économique, militaire et culturel qui va de Dakar à Djibouti, et sur lequel s’est fondée la politique africaine de la France au cours des trente dernières années ».

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 « Les gouvernements africains devraient apprendre à soutenir les projets développés par les jeunes.» Richine Masengo

Quels peuvent être les attentes des jeunes, au cours du mandat de la RDC à l’Union Africaine ? Comment remédier aux problèmes d’immigration clandestine des jeunes en Afrique ?  Richine Masengo, directrice exécutive de Si Jeunesse Savait, une organisation des jeunes propose des pistes de solution. 

« C’est un honneur de représenter cette jeunesse pleine d’espoir dont les attentes sont très immenses par rapport au mandat de la RDC à la tête de l’Union Africaine. L’Afrique est butée à de nombreux problèmes en matière de droits, de justice, d’éducation, de santé, de croissance économique, (…) Cependant, la résilience des communautés laisse entrevoir un avenir meilleur », confie Richine Masengo.

L’accès à l’éducation et à la santé 

Pour une Afrique prospère, la directrice exécutive de Si Jeunesse savait propose aux Etats Africains d’investir dans l’éducation et la santé. « Aussi longtemps que l’accès à une éducation de qualité pour tous les jeunes ne sera pas une priorité pour les gouvernements africains, il n’y aura pas de relève assurée dans tous les domaines constituant le socle d’un continent. », dit-elle. Et de poursuivre, « Le droit à la santé et aux soins de santé de qualité doivent être une réalité pour tout jeune.»

L’accompagnement des projets développés par les jeunes

« Savez-vous que pendant l’année 2020, plusieurs jeunes ont proposé des initiatives pour soutenir l’éducation, telles que des applications de partage des messages qui facilitent les cours à domicile et bien d’autres ? », s’interroge Richine Masengo. Elle soutient qu’aucune de ces applications  développées par des jeunes africains n’a reçu un quelconque soutien, y compris les initiatives développées en RDC.

Les jeunes en Afrique vivent les mêmes réalités et difficultés en termes d’innovation et d’accompagnement des projets de la part les gouvernements. « Ces derniers ont du mal à croire aux potentiels des jeunes de leurs territoires. Et pourtant, lorsqu’un gouvernement étranger porte son intérêt vers le projet de l’un d’entre eux, à ce moment-là, le jeune devient une référence pour d’autres jeunes de sa communauté. Les Etats africains devraient apprendre à soutenir les projets développés par les jeunes,» souligne Richine Masengo. 

L’immigration clandestine africaine un réel fléau 

Selon un rapport publié par le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en octobre 2019, près de 2.000 migrants venus de 39 pays africains et établis dans 13 pays européens ont déclaré être arrivés en Europe de manière illégale et non pour rechercher l’asile ou une protection. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), indique que 1.750 personnes au moins auraient perdu la vie durant ces périples en 2018 et 2019.

Pour Richine Masengo, l’une des raisons qui poussent les jeunes à quitter le continent, c’est l’insécurité. « En Afrique, les jeunes ne bénéficient pas d’un environnement sain. Les conflits armés sont permanents et limitent les capacités des jeunes. Les jeunes préfèrent aller ailleurs pour sécuriser leurs vies et continuer leurs combats, saisir la chance d’une formation de qualité pour assurer leur avenir, trouver un emploi équivalent à leurs diplômes, se trouver un logement, profiter de l’accès à l’internet pour développer leurs initiatives », explique-t-elle.  Et de renchérir, « Les autorités donnent la priorité à leurs propres intérêts, et ne proposent aucune solution concrète. Ils font également des revendications des jeunes une menace contre leurs mandatures. Les manifestations sont violemment réprimées.»

Comme solutions, elle propose que « les Etats membres de l’Union Africaine travaillent ensemble pour la consolidation de la paix dans leurs territoires, placent les jeunes au centre des décisions qui engagent leurs nations, facilitent l’accès à une connexion internet de qualité à moindre cout et enfin, permettent aux jeunes de jouir de leurs droits, de leur santé, et de leurs libertés de circuler, de penser et de créer. » 

Prendre en compte les recommandations antérieures des jeunes

Pour clôturer, la coordonnatrice de Si Jeunesse Savait, appelle le chef de l’Etat Félix Tshisekedi, à prendre en compte les réels besoins des jeunes plusieurs fois soulevés au cours des réunions, des rencontres et autres évènements tenus en RDC et au niveau continental dans l’exercice de son mandat à la tête de l’Union Africaine. 

 Créée en 2001 et basée en RDC, Si Jeunesse savait (en sigle SJS) est une organisation dont l’objectif est de répondre aux questions critiques des jeunes. « Pour que le choix de la jeunesse compte » est le slogan de cette organisation. Richine Masengo qui en est la Directrice exécutive, est diplômée en journalisme option relations extérieures de l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (IFASIC). Elle a intégré SJS pendant qu’elle était encore étudiante.

Prisca Lokale


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Author: Patient

François Graner : « Plus on avance, et plus le tableau est accablant » pour la France au Rwanda

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Des parachutistes français à l’aéroport de Kigali, le 6 octobre 1990, lors de l’évacuation des ressortissants français.

Physicien et directeur de recherche au CNRS, François Graner a obtenu du Conseil d’Etat, en juin 2020, un accès aux archives de François Mitterrand concernant la politique de la France au Rwanda et le génocide des Tutsi, qui a fait 800 000 morts en 1994. Egalement membre de l’association Survie, qui vise à mettre fin « à toute intervention néocoloniale en Afrique », François Graner est l’auteur de deux ouvrages sur le Rwanda : Le Sabre et la machette. officiers français et génocide tutsi (Tribord, 2014) puis, avec Raphaël Doridant, de L’Etat français et le génocide des Tutsi au Rwanda (Tribord, 2020).

Vous avez eu accès à des cartons d’archives de François Mitterrand, dont une partie n’était pas connue. Qu’en retenez-vous ?

Les documents que j’ai consultés viennent renforcer les résultats de nombreux travaux faits depuis vingt-cinq ans. Plus on avance et plus le tableau est accablant. A aucun moment, de 1990 à 1994, on n’observe de panique ou d’aveuglement à Paris. Des procédures sont mises en place, des informations et des analyses remontent. Les responsables politiques jouent leur rôle. Quant aux ordres donnés aux administrations et aux militaires, ils descendent. Bref, tout fonctionne. La politique de la France qui est appliquée au Rwanda est celle des décideurs, en particulier d’un petit noyau autour de François Mitterrand.

L’ancien président et trois hauts gradés – le général Christian Quesnot [conseiller militaire], le général Jacques Lanxade [chef d’état-major des armées] et le général Jean-Pierre Huchon [chef de la mission militaire de coopération] – partagent une même ligne. Ils fonctionnent en cercle vicieux. Ils s’influencent mutuellement, avec François Mitterrand.

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Comment se définit cette ligne ?

La politique qui est alors pratiquée au Rwanda existe aussi dans d’autres pays africains. Il s’agit de préserver un régime au sein de la zone d’influence française, sans se préoccuper de ce qu’il inflige à sa population. Le Rwanda est le pays où les conséquences seront les plus graves.

Les documents montrent bien comment les généraux Quesnot et Lanxade influencent Mitterrand sur des points précis. Ils déforment l’information reçue de leur base, et ils la transforment en un affrontement entre une zone d’influence française et une autre, d’influence anglaise ou anglo-saxonne. Ils désignent les Tutsi et le Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame comme des ennemis. Mitterrand et ces trois militaires sont obsédés par l’influence anglo-saxonne. Avec la cohabitation, à partir du printemps 1993, les procédures changent un peu en ce qui concerne la circulation de l’information, mais pas au niveau de la prise de décision. C’est Mitterrand qui décide à peu près de tout.

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Génocide des Tutsi : pour Paris, des alertes claires et régulières

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Des réfugiés rwandais fuient vers la Tanzanie, le 30 mai 1994.

Un génocide n’est pas une tempête inattendue. Il se dessine, se prépare. Il réclame une idéologie de haine, des propagateurs et une logistique, y compris des armes. Dès octobre 1990, à la suite d’une attaque du Front patriotique rwandais (FPR), formé par des exilés tutsi en Ouganda, plusieurs centaines de militaires français sont déployés au Rwanda dans le cadre de l’opération « Noroît ». A l’époque, le gouvernement français suit attentivement la situation, qui se dégrade au fil des mois. Il n’ignore rien des massacres et des arrestations massives de civils tutsi qui se multiplient, comme le confirment les nouvelles archives de l’Elysée, auxquelles François Graner, physicien et directeur de recherches au CNRS, a eu accès.

Un document daté du 6 février 1991 le prouve. Jacques Pelletier, ministre français de la coopération, ne cache pas son angoisse. « Monsieur le Président, la situation du Rwanda m’inquiète de plus en plus, écrit-il à François Mitterrand, qui paraphe le document. Le président Habyarimana ne donne pas les gages d’ouverture qui lui ont été conseillés à plusieurs reprises… Les modifications gouvernementales semblent privilégier les éléments durs hostiles à la discussion avec les rebelles [du FPR]. Mme Habyarimana et son clan [autour de la première dame s’est constitué un cercle politique et financier composé d’extrémistes hutu appelé l’Akazu] ont repris les choses en main… Si cette évolution se poursuit, je crains que le régime ne puisse pas tenir très longtemps. »

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La lutte pour l’ouverture des archives sur le Rwanda entre dans une phase décisive

Début 1992, une nouvelle vague de violences se produit. Grâce aux militaires français présents sur place, Paris sait tout, mais s’obstine à soutenir le régime de Juvénal Habyarimana, proche de François Mitterrand. « Des massacres interethniques ont été perpétrés par des milices proches du parti au pouvoir (…). La présence de nos militaires, qui évite le pire, contribue à la survie du régime (…). Par contre, la proximité de nos troupes des zones de massacre peut susciter des interrogations », soulignent le général Christian Quesnot, chef d’état-major particulier, et Thierry de Beaucé, chargé de mission à l’Elysée, dans une note au président, le 3 avril 1992.

« Impasse »

Dans un rapport de janvier 1993, l’ambassadeur à Kigali, Georges Martres, expose les ressorts de la politique africaine de la France, marquée par une obsession de son espace d’influence francophone, face aux puissances anglophones. Après octobre 1990, écrit-il, « le Rwanda a été traité comme l’aurait été dans un cas analogue le Sénégal ou la Côte d’Ivoire. Kigali a pris normalement sa place sur un axe politique, économique, militaire et culturel qui va de Dakar à Djibouti, et sur lequel s’est fondée la politique africaine de la France au cours des trente dernières années ».

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Faida Mwangilwa: « faire taire les armes constituent 60 % de réponses aux besoins des femmes en Afrique »

La RDC va officiellement prendre les commandes de l’Union Africaine. Quelle politique mettre en place pour optimiser la lutte contre les violences à l’égard des femmes ? Que faire pour augmenter sa participation à la gestion de la chose publique ? Contactée par le desk femme de ACTUALITE.CD, Faida Mwangilwa récemment nommée conseillère de la représentante de l’ONU Femmes au Mali revient sur les enjeux de la sécurité des femmes et des jeunes filles.

« Les jeunes femmes veulent étudier. Après cela, elles doivent être initiées à la création d’emplois. Il faut  qu’elles soient capables d’en créer elles-mêmes. Il existe des nombreux programmes genres, des programmes d’autonomisation des femmes, des traités internationaux et autres documents juridiques. Mais il est aussi question de manifester une volonté politique, les pays membres de l’Union africaines doivent accepter de mobiliser les ressources et les affecter dans les différents secteurs de développement», explique Faida Mwangilwa.

Faire de la RDC un exemple de la parité Homme-Femme

Militante des droits des femmes, Faida Mwangilwa soutient l’hypothèse selon laquelle « la parité en politique n’est pas une faveur mais un droit ».

« Il y a eu beaucoup de progrès en Afrique, plusieurs femmes ont été élues et promues à des postes clés. Mais il ne faudrait pas s’arrêter là. Il faut accélérer la mise en œuvre des textes sur la représentation des femmes dans les instances décisionnelles et faire avancer l’agenda femme en Afrique. Le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi va prendre les commandes de l’Union africaine, il faudrait aussi que la RDC soit un modèle dans l’intégration de politique genre en Afrique,» soutient-elle .

Les femmes rurales participent activement au développement des pays africains

En ce qui concerne le développement de l’Afrique par les femmes, Madame Faida demande à l’Union Africaine de se pencher sur les questions d’industrialisation, d’évacuation et de commercialisation des produits du  sous-sol africain.

«Il faudra matérialiser les engagements en matière de développement. Les femmes rurales participent activement au développement des pays africains. Mais, des difficultés se posent au niveau de l’industrialisation, l’évacuation et la commercialisation de leurs marchandises. L’Union Africaine devra songer aux infrastructures routières pour relier des villages aux villes et des pays. Il faut aussi faire en sorte que les femmes africaines développent des programmes communs de développement», dit-elle.

« Faire taire » les armes, une lutte efficace contre les violences à l’égard des femmes

Pour Faida Mwangilwa, les conflits armés sont l’une des causes profondes des violences faites aux femmes en Afrique. 

« L’Afrique souffre énormément. Il y a beaucoup de pays d’Afrique qui connaissent des conflits, il faudra mettre un accent particulier sur la participation des femmes dans la prévention. On a assez parlé de la gestion des conflits, il faudrait maintenant s’activer dans la prévention des conflits », plaide Faida Mwangilwa tout en ajoutant « enterrer la hache de guerre, faire taire les armes constituent 60 % de réponses aux besoins des femmes en Afrique. Elles doivent vivre dans un environnement de paix. Il faudra ensuite, imposer la bonne gouvernance, la transparence et la justice distributive dans les Etats africains. Cela va réduire toutes les formes des violences à l’égard des femmes ainsi que des violations des droits de l’homme en général.»

Pour rappel, Faida Mwangilwa a dirigée plusieurs associations, elle est consultante en genre. Elle fut ministre de la condition féminine en RDC et membre du réseau des femmes parlementaires d’Afrique. Elle a également été Présidente du Conseil d’administration du Fonds pour les Femmes Congolaises (FFC). Elle vient d’être nommée Conseillère de la représentante de l’ONU Femmes au Mali.

Prisca Lokale


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“Faire taire les armes constituent 60 % de réponses aux besoins des femmes en Afrique.»Faida Mwangilwa

La RDC va officiellement prendre les commandes de l’Union Africaine. Quelle politique mettre en place pour optimiser la lutte contre les violences à l’égard des femmes ? Que faire pour augmenter sa participation à la gestion de la chose publique ?. Contactée par le desk femme de Actualité.cd, Faida Mwangilwa revient sur les enjeux de la sécurité des femmes et des jeunes filles.

« Les jeunes femmes veulent étudier. Après cela, elles doivent être initiées à la création d’emplois. Il faut  qu’elles soient capables d’en créer elles-mêmes. Il existe des nombreux programmes genres, des programmes d’autonomisation des femmes, des traités internationaux et autres documents juridiques. Mais il est aussi question de manifester une volonté politique, les pays membres de l’Union africaines doivent accepter de mobiliser les ressources et les affecter dans les différents secteurs de développement», explique Faida Mwangilwa récemment nommée conseillère de la représentante d’ONU Femme au Mali.

Faire de la RDC un exemple de la parité Homme-Femme

Militante des droits des femmes, Faida Mwangilwa soutient l’hypothèse selon laquelle, « la parité en politique n’est pas une faveur mais un droit ». Et d’ajouter, « Il y a eu beaucoup de progrès en Afrique, plusieurs femmes ont été élues et promues à des postes clés. Mais il ne faudrait pas s’arrêter là. Il faut accélérer la mise en œuvre des textes sur la représentation des femmes dans les instances décisionnelles et faire avancer l’agenda femme en Afrique. Le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi va prendre les commandes de l’Union africaine, il faudrait aussi que la RDC soit un modèle dans l’intégration de politique genre en Afrique,» soutient-elle .

Les femmes rurales participent activement au développement des pays africains

En ce qui concerne le développement de l’Afrique par les femmes, Madame Faida demande à l’Union Africaine de se pencher sur les questions d’industrialisation, d’évacuation et de commercialisation des produits du  sous-sol africain. «Il faudra matérialiser les engagements en matière de développement. Les femmes rurales participent activement au développement des pays africains. Mais, des difficultés se posent au niveau de l’industrialisation, l’évacuation et la commercialisation de leurs marchandises. L’Union Africaine devra songer aux infrastructures routières pour relier des villages aux villes et des pays. Il faut aussi faire en sorte que les femmes africaines développent des programmes communs de développement.»

« Faire taire » les armes, une lutte efficace contre les violences à l’égard des femmes

Pour Faida Mwangilwa, les conflits armés sont l’une des causes profondes des violences faites aux femmes en Afrique. « L’Afrique souffre énormément. Il y a beaucoup de pays d’Afrique qui connaissent des conflits, il faudra mettre un accent particulier sur la participation des femmes dans la prévention. On a assez parlé de la gestion des conflits, il faudrait maintenant s’activer dans la prévention des conflits », plaide Faida Mwangilwa tout en ajoutant « enterrer la hache de guerre, faire taire les armes constituent 60 % de réponses aux besoins des femmes en Afrique. Elles doivent vivre dans un environnement de paix. Il faudra ensuite, imposer la bonne gouvernance, la transparence et la justice distributive dans les Etats africains. Cela va réduire toutes les formes des violences à l’égard des femmes ainsi que des violations des droits de l’homme en général.»

Pour rappel, Faida Mwangilwa a dirigée plusieurs associations, elle est consultante en genre. Elle fut ministre de la condition féminine en RDC et membre du réseau des femmes parlementaires d’Afrique. Elle a également été Présidente du Conseil d’administration du Fonds pour les Femmes Congolaises (FFC). Elle vient d’être nommée Conseillère de la représentante de l’Onu Femmes au Mali.

Prisca Lokale


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