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Les Etats-Unis accusent la Chine de commettre un « génocide » contre les Ouïgours, Pékin dénonce des « mensonges absurdes »

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, le 10 novembre 2020.

La Chine a qualifié, mercredi 20 janvier, de « mensonges absurdes et éhontés » les accusations du secrétaire d’Etat américain sortant, Mike Pompeo, selon lesquelles Pékin « commet un génocide » contre les Ouïgours, une minorité musulmane de la région du Xinjiang (nord-ouest). Cette terminologie « n’est qu’un chiffon de papier à nos yeux », a déclaré devant la presse la porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois.

Mardi, Mike Pompeo a déclaré que les Etats-Unis considéraient désormais que la Chine « commet un génocide » contre les Ouïgours. « Je pense que ce génocide est encore en cours et que nous assistons à une tentative systématique de détruire les Ouïgours de la part du parti-Etat chinois », a-t-il ajouté dans un communiqué. Il a aussi évoqué des « crimes contre l’humanité » perpétrés « depuis au moins mars 2017 » par les autorités chinoises contre les Ouïgours et « d’autres membres de minorités ethniques et religieuses au Xinjiang ».

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« Les Etats-Unis appellent la République populaire de Chine à libérer immédiatement toutes les personnes détenues arbitrairement et à mettre fin à son système de camps d’internement et de détention, de résidences surveillées et de travail forcé », a insisté Mike Pompeo.

Joe Biden, qui sera investi président mercredi à 18 heures (heure de Paris), avait, lui, estimé avant son élection, selon un communiqué publié en août, que la répression contre les Ouïgours constituait un « génocide perpétré par le gouvernement autoritaire de la Chine ». Son futur secrétaire d’Etat, Antony Blinken, a dit mardi partager l’accusation de « génocide ».

« La pire tache de ce siècle »

Selon des experts étrangers, plus d’un million de Ouïgours sont ou ont été détenus dans des camps de rééducation politique du Xinjiang, région placée sous étroite surveillance policière. Pékin dément et affirme qu’il s’agit de centres de formation professionnelle, destinés à leur fournir un emploi et à les éloigner du terrorisme et du séparatisme islamistes après une série d’attentats meurtriers attribués à des Ouïgours. Un génocide consiste en la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux.

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Des études d’instituts de recherche américains, basées sur des interprétations de documents officiels chinois, des témoignages et des extrapolations accusent par ailleurs la Chine de stérilisations et de travail forcé visant les Ouïgours.

Depuis deux ans, l’administration de Donald Trump accusait la Chine de mener une campagne de répression brutale dans la région du Xinjiang. Mike Pompeo avait estimé en mars 2020 qu’il s’agissait de « la pire tache de ce siècle » et avait déjà annoncé plusieurs salves de sanctions contre des responsables chinois.

Washington a aussi exhorté mardi la communauté internationale « à se joindre aux Etats-Unis » dans leur effort « pour que les responsables de ces atrocités rendent des comptes ». « Si le Parti communiste chinois est autorisé à commettre un génocide et des crimes contre l’humanité contre son propre peuple, on ne peut qu’imaginer ce qu’il aura le courage de faire au monde libre dans un avenir pas si lointain », a mis en garde celui qui vit ses dernières vingt-quatre heures en tant que chef de la diplomatie américaine.

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Le Monde avec AFP


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Espagne – Déplacement de M. Jean-Baptiste Lemoyne à Madrid à l’occasion du Conseil exécutif de l’Organisation Mondiale du Tourisme (19.01.21)

M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé du tourisme, des Français de l’étranger et de la francophonie, se rend à Madrid aujourd’hui, mardi 19 janvier 2021.

Le secrétaire d’État s’entretiendra avec M. Fernando Valdes, secrétaire d’État espagnol au tourisme, et plaidera pour un approfondissement du dialogue bilatéral et européen dans le cadre notamment de la mise en œuvre des plans de relance français et espagnol qui ont fait du secteur du tourisme une priorité.

M. Jean-Baptiste Lemoyne participera au 113ème conseil exécutif de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), dans un contexte marqué par l’effondrement des flux touristiques dans le monde et par les conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire sur l’ensemble du secteur.

Le conseil exécutif devrait notamment recommander à l’Assemblée générale de l’OMT un candidat au poste de secrétaire général pour la période 2022-2025, période cruciale pour la reprise de l’activité touristique au niveau international. Première destination dans le monde, la France participe activement aux travaux de l’OMT, afin d’y promouvoir l’échange de bonnes pratiques et une coordination internationale rendue plus nécessaire encore par la crise.


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«Privilège blanc»: Élisabeth Moreno rétropédale et regrette d’avoir utilisé cette expression

Elisabeth Moreno


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AFP 2020 LUDOVIC MARIN

Élisabeth Moreno, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a regretté auprès de L’Express d’avoir utilisé l’expression «privilège blanc». Pour elle, ce terme renverrait même «aux indigénistes et aux racialistes».

Chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances, Élisabeth Moreno a évoqué dans une interview à L’Express ses propos polémiques sur le «privilège blanc» tenus à LCI.

Son intervention sur LCI

Le 25 décembre 2020, le journaliste Jean-Michel Aphatie l’avait interrogée sur l’existence du privilège blanc.

«Évidemment qu’il y a… Moi, je ne veux pas l’appeler…», hésite d’abord Mme Moreno, avant d’être relancée par le journaliste: «Évidemment qu’il y a?»

«J’ai travaillé sur les quatre continents de notre planète. J’ai fréquenté le nord, le sud, l’est et l’ouest. Évidemment qu’il y a un privilège blanc», assure-t-elle alors. «Selon qu’on naisse homme blanc ou femme noire en Europe ou en Afrique, vous savez que vous avez plus de chances.»

Regrets un mois plus tard

Auprès de L’Express ce lundi 18 janvier, elle a commenté ses propres propos.

«Je regrette d’avoir repris le mot, il vient des États-Unis, il renvoie à une partie de notre Histoire. À force de parler des mots, on ne parle plus des réalités. Le terme “privilège blanc” tue la réalité», a-t-elle déclaré.

Face au média, Élisabeth Moreno dit ne pas vouloir tomber dans «les combats victimaires qui vous enferment encore plus dans la situation qui est la vôtre» et n’entend pas davantage entrer dans une logique «conflictuelle». Selon elle, ce terme renverrait même «aux indigénistes et aux racialistes».

Opinion de Macron

À l’origine de toute cette polémique se trouve un entretien d’Emmanuel Macron à L’Express où il reconnaissait l’existence du privilège blanc, sans employer explicitement ce terme:

«C’est un fait. On ne le choisit pas, je ne l’ai pas choisi. Mais je constate que, dans notre société, être un homme blanc crée des conditions objectives plus faciles pour accéder à la fonction qui est la mienne, pour avoir un logement, pour trouver un emploi, qu’être un homme asiatique, noir ou maghrébin, ou une femme asiatique, noire ou maghrébine. Donc, à cet égard, être un homme blanc peut être vécu comme un privilège même si, évidemment, quand on regarde les trajectoires individuelles, chacun a sa part de travail, de mérite».


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Soumeylou Boubèye Maïga à propos de la lutte contre le terrorisme: » La combinaison hardie de plusieurs facteurs aux plans local, sous-régional voire continental est nécessaire pour parvenir à une sécurité collective «

Ancien Directeur général de la Sécurité d’Etat, ancien ministre de la Défense, ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga jouit d’une réputation de fin connaisseur de la problématique sécuritaire, celle relative au terrorisme sahélo-saharien en particulier, qui le fait solliciter dans les foras internationaux et sur les antennes des grands médias. Dans l’entretien que nous vous proposons ci-dessous, il explique son approche pour  » une paix durable et définitive dans les zones en proie aux violences « . Elle passe par  » un Etat efficace « , l’indispensable articulation entre actions militaires, de développement et de gouvernance locale, des  réponses sous-régionales comme la FC-G5 Sahel et l’Initiative d’Accra, au-delà un projet de sécurité collective à l’échelle continentale sous l’égide de l’Union Africaine.

De nos jours, il semble qu’aucune région du continent africain ne soit épargnée par le terrorisme. Qu’est-ce qui explique cette expansion de la menace terroriste?

L’accroissement des foyers de tension est une des tendances inquiétantes de l’évolution de la situation sécuritaire sur le continent. Ces dernières années, la recomposition des groupes affiliés à Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et la percée de l’État islamique en Afrique centrale, dans le bassin du Lac Tchad et au Sahel a démontré que l’Afrique est une zone d’intérêt majeur pour la nébuleuse terroriste. Les raisons de cette diffusion de l’insécurité liée à la présence et à l’activité de groupes armés terroristes sont multiples. Premièrement, ces acteurs sont parvenus à recruter au sein des populations locales, en particulier rurales, en se faisant l’écho de la colère et de la frustration de celles-ci contre les mauvaises pratiques en matière de gouvernance de l’État.

Deuxièmement, la faiblesse de nos outils de défense et l’absence d’une véritable sécurité collective au niveau continental créent les conditions d’entretien et de propagation de cette menace. Tout cela est accentué par la très grande porosité de nos frontières, qui fait que les groupes passent d’un espace à un autre sans grande difficulté.

Troisièmement, cette expansion semble également participer d’une volonté des groupes armés terroristes d’étendre un peu plus la ligne de front. Depuis 2018, l’action des groupes terroristes en Afrique de l’Ouest s’est fortement accélérée, dans certains cas à l’appui de combattants étrangers terroristes, débordant du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Nigeria vers le Tchad, le Benin, le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire.

La même tendance est observable sur le reste du continent, notamment en RDC, au Mozambique, en Somalie, au Kenya, en Tanzanie. Ce qui devrait nous amener à nous interroger sur la pertinence du choix des zones d’intervention de structures ad hoc comme la Force multinationale mixte de lutte contre Boko Haram (FMM) ou encore la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S). Pour ce qui nous concerne, il me semble inéluctable d’envisager l’implication de pays comme la Côte d’Ivoire et Sénégal qui, en tant que voisins immédiats, peuvent être objectivement considérées comme des pays du champ. Mais plus généralement de mettre en place dans le cadre de la CEDEAO des arrangements et des articulations permettant de renforcer la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière organisée et d’empêcher que les discontinuités territoriales constatées ne servent de poches aux groupes terroristes. De même, nous devons continuer d’insister sur le renforcement capacitaire de la MINUSMA.

Malgré la lutte implacable menée par les Forces internationales en appui aux armées nationales contre les groupes terroristes au Sahel, ces derniers parviennent toujours à se relever et à porter des coups. Qu’est-ce qui rend la lutte antiterroriste aussi complexe dans cette région ?

La lutte contre le terrorisme est un combat qui doit s’inscrire dans la durée et les résultats des efforts entrepris peuvent prendre du temps avant d’être perceptibles. Ce n’est pas une guerre classique au terme de laquelle une seule action militaire suffirait à produire des résultats irréversibles. En outre, au Sahel c’est un phénomène qui s’est développé et s’est enraciné dans des problématiques locales.

Les groupes agissent dans des contextes où les États souffrent d’un déficit de gouvernance, d’une maîtrise insuffisante de la cartographie sécuritaire et d’un contrôle limité sur une grande partie de leurs territoires, en particulier les espaces périphériques et frontaliers. Le développement du terrorisme dans la région est donc à la fois le résultat de facteurs structurels, de vulnérabilité, et d’éléments déclencheurs, qui se sont progressivement mis en place dans la région au moins depuis plusieurs décennies.

Les groupes terroristes exploitent ces situations pour avoir un ancrage local dans les localités où ils sont actifs. Cela rend particulièrement difficile la lutte armée contre le terrorisme. Dans un tel environnement, le contre-terrorisme doit être pensé à travers une approche globale qui inclut différents types de réponses allant des approches sécuritaires à la prise en charge au niveau micro local des attentes des populations.

Aujourd’hui, d’ailleurs, de plus en plus, les réponses, qu’elles soient nationales, régionales, ou internationales, essaient de prendre en compte ces différents aspects dans leurs articulations. Nous avons besoin d’atteindre rapidement un niveau plus élevé de coordination et de centralisation.

Toutefois, le combat des valeurs et la réponse doctrinale face aux djihadistes doivent relever de chaque Etat sur son sol, tenant compte de ses réalités socio-historique pour ne pas fragiliser les gouvernants en accreditant involontairement la thèse de leur inféodation à des puissances étrangères qui veulent transposer chez nous leurs normes sociétales.

En plus des activités des groupes armés terroristes, l’on assiste aussi à une multiplication des milices armées et des groupes dits d’autodéfense respectant très peu les règles d’engagement. Qu’est-ce qui explique cette prolifération, qui s’apparente à certains égards à une forme de sous-traitance de la sécurité ?

L’émergence de groupes d’auto-défense et milices traduit une défaillance de l’autorité régulatrice et seule détentrice légitime de la force armée : l’État. C’est lorsque ce dernier n’arrive pas à remplir convenablement son rôle régalien que d’autres cherchent à s’y substituer.

La circulation ainsi que la disponibilité accrue des armes de pointe et de fabrication artisanale, leur importation clandestine et la récupération d’armes auprès des forces de défense et de sécurité à la suite d’affrontements ont fortement contribué à exacerber le phénomène. La croissance du banditisme en partie liée à la prolifération des armes légères et de petit calibre a contribué à aggraver l’insécurité.

Dans le Centre du Mali, le Nord du Burkina Faso et l’Ouest du Niger, des milliers de civils ont perdu la vie au cours des dernières années, une partie de la population contrainte à l’exil et une autre condamnée à vivre dans l’angoisse. En outre, en plus du coût humain élevé et des conséquences humanitaires dramatiques, ces violences ciblées ont eu d’importantes répercussions sur la cohésion sociale. L’un des grands défis qui attendent les gouvernements du Sahel, singulièrement le Mali, c’est celui de la reconstruction du tissu social à travers un processus de réconciliation.

Les mécanismes existent, qui pourraient nous permettre de marquer une présence militaire accrue sur le terrain. Cela suppose notamment d’aller vers une approche pragmatique prenant en compte les autres composantes militaires, dont les mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation ainsi que les mouvements non-signataires.

En plus des efforts de recrutement en cours, nous pouvons avancer de manière plus volontaire vers l’effectivité des Unités Spéciales Anti-Terroristes pour absorber le potentiel disponible au niveau des mouvements, ainsi que vers la création d’un corps de garde-frontières pour lutter contre les différents trafics.

Si on évalue le volume de forces dont nous avons besoin et les capacités que nous devons développer pour faire face à l’éventail des menaces et en tenant compte de la taille de notre territoire, nous devons faire admettre de consacrer autour de 4% de notre PIB au Secteur Paix-Sécurité sur environ 5 ans. Parce que comme le disait François Hollande au moment de l’Opération Serval, la défense passe avant les déficits.

Parallèlement à cette situation, les trafics en tous genres ne font qu’augmenter. Y-aurait-il un lien de cause à effet entre toutes ces activités criminelles ?

Cette question est très importante car aujourd’hui la tentation est grande d’attribuer l’expansion et l’intensification de la violence dans la région aux seuls groupes terroristes. Or, il faut rappeler que de façon historique, le Sahel a été une zone de transactions commerciales et de trafics, reliant l’Afrique du Nord à la partie subsaharienne du continent.

Les groupes terroristes en s’installant dans la zone ont fait preuve de pragmatisme en s’accommodant de l’existence des activités criminelles présentes dans la région. Bien que ces différents acteurs aient des agendas différents, les liens qui se sont tissés par la suite entre les réseaux criminels et les groupes terroristes ont fatalement contribué au développement et à l’exacerbation de la violence dans certaines localités.

En outre, le faible niveau de connaissances sur les itinéraires de trafics, des groupes armés et d’autres entrepreneurs de la violence constitue l’une des failles de la gouvernance du territoire dans une grande partie du Sahel qui est un espace stratégique, quasiment vital pour la criminalité transfrontalière organisée.

Aujourd’hui, des flux de trafics quittent depuis le Bassin du Lac Tchad pour transiter par la Zone des 3 frontières pour remonter par différents itinéraires sur l’Europe et même des pays du Golfe via l’Afrique du Nord, profitant du vide administratif créé par l’action des groupes terroristes et des milices qui sont partie prenante dans les réseaux de l’économie criminelle.

A votre avis, quelle peut être la solution pour le retour d’une paix durable et définitive dans ces zones en proie aux violences ?

Le retour d’une paix durable dans notre région passe par plusieurs choses. Tout d’abord, il nous faut construire des États efficaces, capables d’instaurer de véritables dialogues avec toutes leurs composantes. Ceci est extrêmement important pour (re)légitimer l’action publique et la rendre conforme aux aspirations de nos populations.

Au Mali, par exemple, 2012 et 2020 ne doivent pas être considérés uniquement comme de  » simples  » accidents de parcours mais nous pousser à réfléchir sur les contours, nouveaux, de la gouvernance. Il faut que les acteurs politiques acceptent de remettre en cause un certain nombre de leurs postulats de base, en d’autres termes sortir des approches dogmatiques improductives. Ensuite, il est clair que le caractère multidimensionnel de l’insécurité à laquelle nous sommes confrontés appelle à une réponse holistique. Mais le dire ne suffit pas. Il faut avoir une véritable vision et surtout beaucoup d’audace pour réussir l’indispensable articulation entre les actions militaires, de développement et celles visant à améliorer la gouvernance, en particulier au niveau local.

Enfin, il faut être conscient qu’aucun de nos pays, pris individuellement, n’est en mesure de faire face tout seul à cette menace. C’est pourquoi, il faut saluer les différentes initiatives prises à l’échelle régionale, notamment la FMM, la FC-G5S et l’Initiative d’Accra, pour contenir l’hydre terroriste. Cela dénote d’un engagement certain à trouver des solutions collectives à des problèmes transfrontaliers et transnationaux.

Cependant, ces structures ad hoc ne doivent pas nous faire perdre de vue le projet de sécurité collective à travers une approche plus intégrée ainsi qu’un renforcement progressif des capacités de la CEDEAO et de l’Union africaine conformément à l’architecture africaine de paix et de sécurité pour évoluer vers de vraies alliances militaires sur la durée.

Entretien réalisé par Saouti Labass HAIDARA

Source: l’Indépendant


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Author: bamada.net

Entre soi, copinage, conflits d’intérêt: la haute administration française en question

 Une photo prise le 18 octobre 2018 sur la place du Palais Royal à Paris montre une vue de l'entrée du Conseil d'État français.


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AFP 2020 BERTRAND GUAY

Le terme d’État profond est-il pertinent dans le contexte politique français? Dans son livre Les inamovibles de la République, Chloé Morin, ancienne conseillère à Matignon et spécialiste de l’opinion, lève le voile sur les pratiques et les prérogatives de la haute administration française. Une élite dont le poids politique est souvent sous-estimé.

D’où provient l’expression d’État profond, très vite associée aux tenants des théories conspirationnistes lorsqu’il est question de savoir qui gouverne réellement?

Dans un entretien donné à L’Opinion en juillet dernier, le sociologue Gérald Bronner définissait ainsi le concept d’État profond comme «l’idée que le pouvoir démocratique serait illusoire et que les vrais cordons du pouvoir seraient tirés par des groupes plus ou moins secrets, dont l’action serait secrète, comme le complexe militaro-industriel, les services de renseignement, la franc-maçonnerie, les juifs, les Illuminati, ou toutes sortes de groupes qui n’ont pas de légitimité politique».

Le terme a pourtant été repris par… Emmanuel Macron lui-même. La scène se déroule le 27 août 2019, devant les diplomates français conviés à l’Élysée pour la traditionnelle conférence des ambassadeurs et des ambassadrices. Devant un parterre de hauts fonctionnaires bien mis et policés, le chef de l’État a alors dénoncé l’existence d’un «État profond» au sein du Quai d’Orsay.

«Nous avons, nous aussi, un État profond. Et donc, parfois, le Président de la République dit des choses, et puis la tendance collective pourrait être de dire: “Il a dit ça, mais enfin nous on connaît la vérité, on va continuer comme on a toujours fait”», reconnaissait alors Emmanuel Macron.

«Deep state» aux États-Unis

Si la locution trouve son origine dans la Turquie des années 1970 dans un contexte de luttes de pouvoir entre l’élite militaro-laïque (dont le Derin devlet, «État profond» en turc, est le bras armé) et les groupes séparatistes (PKK ou groupuscules d’extrême gauche), le concept a notamment refait surface au moment de l’élection de Donald Trump aux États-Unis, fin 2016.

Repris outre-Atlantique sous l’appellatif de deep state, il désigne, du moins si l’on en croit les partisans du Président sortant, l’ensemble des contre-pouvoirs réels ou supposés qui auraient contrarié la présidence de l’ancien magnat de l’immobilier. Pour les plus conspirationnistes, parmi lesquels les adeptes de la mouvance QAnon par exemple, le fonctionnement du deep state voudrait que les milieux financiers, le camp démocrate, les médias ou encore Hollywood soient peuplés secrètement de pédocriminels sataniques, lesquels mèneraient une guerre clandestine contre Donald Trump.

Les plus modérés postulent quant à eux que «l’État profond n’est pas une sorte de concept conspirationniste comme les auteurs réactionnaires l’allèguent souvent, mais une autre façon de désigner les bureaucraties permanentes militaires, du renseignement et de la diplomatie de n’importe quelle nation».

«Copinage» et «esprit de corps»

En France, où le poids de la bureaucratie est très fort, l’État profond, sans tomber dans les travers conspirationnistes, serait plutôt à chercher du côté de la haute administration. Pour une raison toute simple: les hauts fonctionnaires français ont une garantie d’emploi à vie et résistent par conséquent au jeu démocratique de l’alternance politique, explique au micro de Sputnik Chloé Morin, conseillère à Matignon de 2012 à 2016 et auteur de Les inamovibles de la République: vous ne les verrez jamais, mais ils gouvernent (Ed. de l’Aube):

«À la différence des hommes politiques qu’on peut “virer” à chaque élection si on considère qu’ils n’ont pas rempli leur contrat, les hauts fonctionnaires restent souvent dans les mêmes postes, qu’ils aient mérité ou qu’ils aient démérité.»

Les hauts fonctionnaires constituent de fait l’élite administrative de la nation. Formés à l’École nationale d’administration (ENA) pour la plupart, parfois à l’École polytechnique ou dans des Écoles nationales plus spécialisées (EHESP en Santé publique, ENM pour la magistrature, etc.), ils sont naturellement amenés à gouverner ou à administrer l’État français sous toutes ses coutures.

Pour Chloé Morin, c’est précisément cet «esprit de corps» qui fait d’abord courir le risque du «copinage» et de «l’ambition carriériste» au détriment du sens de l’État censé animer tout haut fonctionnaire.

«Pour être promu, il vaut mieux copiner, avoir rendu des services, qu’avoir décidé et obtenu des résultats au risque d’avoir déplu à son corps d’origine», relate dans son livre celle qui est désormais spécialiste de l’opinion à la Fondation Jean-Jaurès.

Le haut du panier des énarques (lesquels font partie de «la botte» dans le classement de sortie de l’ENA) se retrouve ainsi dans les «grands corps de l’État», c’est-à-dire à la Cour des comptes, à l’Inspection générale des finances (IGF) ou encore au Conseil d’État, leur assurant une maîtrise technique des rouages de l’État.

Mais les hommes politiques eux-mêmes suivent parfois le même parcours: Emmanuel Macron a par exemple intégré l’IGF en 2004, à l’issue de ses études à l’ENA. D’où le risque d’une «porosité» entre le monde politique et le monde de la haute administration, laquelle ne fait qu’augmenter si l’on en croit Chloé Morin.

«On ne peut plus faire de distinction très nette entre la classe politique et la haute administration, car certains hauts fonctionnaires font partie des cabinets ministériels, voire sont eux-mêmes des ministres», illustre la politiste.

À son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron avait d’ailleurs constitué un gouvernement d’«experts» et de technocrates rompus à l’exercice de l’État, souvent spécialistes de leur domaine de prédilection. Mais, selon Chloé Morin, «le “gouvernement des experts” vanté par Emmanuel Macron, qui paraissait idéal il y a encore trois ou quatre ans, semble aujourd’hui aussi mauvais aux yeux de l’opinion que les précédents, qui assumaient leur politisation».

«Une responsabilité majeure dans le malaise démocratique actuel»

Mais cette «porosité» s’applique aussi entre le public et le privé. Il pourrait arriver ainsi que certains hauts fonctionnaires, avides de profit, fassent profiter à une entreprise privée de l’expertise acquise au cœur de l’État. Une pratique mieux connue sous le terme de «pantouflage» qui, bien que légale en théorie tant qu’il n’y a pas de conflit d’intérêt, pose quelques questions sur la morale et le sens du devoir des grands commis d’État.

Et qui dit «pantouflage» dit aussi «rétro-pantouflage» lorsque des hauts fonctionnaires peu scrupuleux reviennent dans l’appareil d’État après avoir été très souvent grassement rétribués dans le privé.

«Le pantouflage et le rétro-pantouflage sont heureusement le fait d’une très petite minorité de hauts fonctionnaires», relativise Chloé Morin. «Mais il faut aussi redonner le sens de l’action publique. Il arrive que des ministres ne connaissent pas l’État et se comportent comme des gestionnaires, sans chercher à donner du sens à ce qu’ils font».

Autant de pratiques et de mœurs qui alimentent, selon la politiste, la défiance du peuple à l’égard des élites dirigeantes. «La haute administration a une responsabilité majeure dans le malaise démocratique actuel. C’est en partie à cause [des hauts fonctionnaires, ndlr] que les gens ont le sentiment que les promesses politiques ne se traduisent jamais en acte et que leur vote n’y changera rien», avance ainsi la politiste.

«Le risque est qu’un “dégagisme” de plus en plus virulent se produise, sans qu’on parvienne pour autant à résoudre le problème, car les hauts fonctionnaires resteront toujours les mêmes: l’inertie restera. Les citoyens dans leur ensemble doivent saisir ces enjeux-là», avertit Chloé Morin.


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Union européenne – Participation de Clément Beaune à la réunion informelle des ministres des affaires européennes (18.01.21)

M. Clément Beaune, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargé des affaires européennes, participe à la première réunion informelle organisée par la Présidence portugaise du Conseil de l’Union européenne, ce lundi 18 janvier.

Ce Conseil permettra de traiter les sujets suivants :

Présentation des priorités de la présidence portugaise

La présidence portugaise exposera ses priorités pour les six prochains mois, qui s’articuleront autour de trois piliers : la relance économique fondée sur les transitions climatique et numérique ; la mise en œuvre du pilier européen des droits sociaux ; le renforcement de l’autonomie stratégique d’une Europe ouverte sur le monde. La France apporte son plein soutien à ce programme ambitieux, et soutiendra la présidence portugaise dans ses efforts en matière de santé, de protection sociale, de gestion de l’asile et des migrations, d’environnement et de régulation numérique.

Coordination Covid-19

Les ministres prépareront la vidéoconférence des chefs d’État et de gouvernement consacrée à la lutte contre la pandémie qui se tiendra le 21 janvier 2021. Les discussions devraient notamment porter sur les mesures mises en place par les États membres, la politique des vaccins et les relations avec les États tiers. M. Clément Beaune présentera les mesures de contrôle sanitaire décidées pour la France, qui s’inscrivent dans les efforts de coordination européenne pour préserver la liberté de circulation, et limiter la propagation du virus au sein de l’Union. Le secrétaire d’État exprimera également son soutien aux décisions de la Commission visant à renforcer les achats groupés de vaccins et à accélérer leur déploiement et appellera à la solidarité internationale en la matière, afin que tous les pays puissent bénéficier de ce bien public mondial.

Conférence sur l’avenir de l’Europe

La Présidence fera un point d’information. Le secrétaire d’État appellera au lancement rapide de la Conférence sur l’avenir de l’Europe et soulignera le sens de cet exercice de participation citoyenne, dans un moment de crise qui nous demande de préparer « l’après » et de nourrir une réflexion collective sur le modèle de société européenne que nous souhaitons promouvoir. Il est important que la Conférence puisse déboucher, en 2022, au moment du 65ème anniversaire du traité de Rome, sur de premières grandes orientations politiques pour orienter sa phase de mise en œuvre.


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Italie – Déplacement de M. Jean-Baptiste Lemoyne à Rome (15.01.21)

M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé du tourisme, des Français de l’étranger et de la francophonie, s’est rendu à Rome les 14 et 15 janvier 2021.

Le secrétaire d’État s’est entretenu avec M. Ricardo Merlo, secrétaire d’État pour les Italiens à l’étranger ainsi que Mme Lorenza Bonaccorsi, secrétaire d’État chargée du tourisme. Les secrétaires d’État ont abordé la coopération consulaire dans la perspective de la prochaine présidence française de l’Union européenne, ainsi que la situation des ressortissants italiens et français dans nos pays respectifs dans le contexte de la crise sanitaire. La communauté française d’Italie compte plus de 36 000 personnes.

M. Jean-Baptiste Lemoyne s’est entretenu avec les conseillers des Français de l’étranger et s’est rendu au lycée Chateaubriand de Rome pour y rencontrer la communauté éducative.


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Les puces électroniques, talon d’Achille de l’industrie chinoise

Stand Tsinghua Unigroup, entreprise d’Etat lancée en 1988 pour faire progresser l’industrie chinoise des puces, à Nanjing (Chine), le 26 août 2020.

Les milliards investis par la Chine suffiront-ils à bâtir une industrie nationale des semi-conducteurs ? Cela paraît difficile, alors que les Etats-Unis font tout leur possible pour en empêcher le développement et, partant, conserver leur avance dans ce secteur stratégique. Le 18 décembre 2020, le département américain du commerce a placé Semiconductor Manufacturing International Corporation, ou SMIC, sur sa liste noire. Le leader chinois des puces électroniques devra obtenir une autorisation pour importer tout produit, machine, ou logiciel américain. De quoi compliquer les efforts de Pékin, qui misait beaucoup sur SMIC, entreprise en partie détenue par l’Etat, pour réaliser son rêve d’autosuffisance technologique.

Toutefois, les autorités chinoises ne baissent pas les bras, tant s’en faut. Face à la pression américaine, le ministère de l’industrie et des technologies de l’information a annoncé, le 11 septembre 2020, une enveloppe de 710 milliards de yuans (90 milliards d’euros) pour soutenir 105 projets de développement industriel dans le secteur. Auparavant, les investisseurs et les entreprises chinois se ruaient déjà sur ce secteur, flairant les subventions.

Sur les trois premiers trimestres de 2020, 13 000 sociétés ont été créées dans les semi-conducteurs, d’après des données de Qichacha, un site d’information sur les entreprises. C’est deux fois plus, en moyenne, qu’en 2019. Parmi les nouveaux arrivants, un fabricant de composants automobiles et une entreprise de plats de fruits de mer, notait le Financial Times, le 13 octobre 2020.

Secteur essentiel

Des médias d’Etat chinois évoquent même le « grand bond en avant des semi-conducteurs ». Une expression chargée d’histoire et qui n’augure rien de bon : lancé en 1958, le projet économique et social avait échoué, menant à la plus grande famine du XXe siècle. Les premiers efforts de la Chine pour mettre en place son industrie des semi-conducteurs ont commencé sous le règne de Mao Zedong, l’instigateur du Grand Bond en avant. Sans succès.

Si la Chine est, de loin, le pays qui fabrique le plus de matériel électronique, elle importe 80 % de ses puces

Plus récemment, si des entreprises chinoises ont émergé, elles restent au moins, en matière de technologies, quatre à cinq ans derrière les leaders taïwanais, TSMC, et coréen, Samsung. Dans son plan Made in China 2025, la Chine s’était déjà fixé des objectifs ambitieux, à savoir produire 40 % des semi-conducteurs dont elle a besoin en 2020, et 70 % en 2025. Pékin avait accompagné ce plan de fonds importants : plus de 120 milliards d’euros d’investissements entre les gouvernements centraux et locaux. En 2020, cependant, il n’a produit que 18 % de ses puces.

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