Tag Archives: lesquels

Baisse de la valeur de la Ligue 1 ? Ecran noir ? Les 4 questions (et leurs réponses) que pose la restitution par Canal+ de ses droits TV

• Pourquoi Canal+ a-t-elle décidé de restituer les matches pour lesquels elle possédait les droits de diffusion ?

Dans une interview au Figaro, Maxime Saada, président du directoire de Canal+ explique la décision de la chaîne cryptée par des intérêts économiques. Selon lui, Canal+ aurait surpayé le lot n°3, qui comprend deux matches par journée de Ligue 1, puisque les deux premiers lots avaient été acquis par Mediapro: “La valeur du lot 3 est surévaluée du fait du comportement irrationnel de Mediapro durant l’appel d’offres. L’ensemble des acteurs savaient qu’ils n’avaient pas remporté les deux premiers lots. Le lot 3 était donc la dernière chance de repartir avec un lot premium”. La chaîne cryptée semble également revancharde envers la Ligue de Football Professionnel: “Nous n’avons pas été traités correctement ces dernières années. Nous n’oublions ni le report des matchs par la LFP sans concertation lors du mouvement ‘gilets jaunes’, ni l’argent supplémentaire demandé pour décaler le coup d’envoi du match du dimanche soir de 15 minutes, et encore moins les réjouissances de nombreux présidents lorsque Canal+ est rentré bredouille de l’appel d’offres de 2018″.

Cette décision de remettre ses droits en jeu met maintenant la LFP dans l’embarras. Selon Pierre Maes, spécialiste des droits TV et auteur de “Business des droits TV du foot”, les intentions de Canal+ sont claires: “Le message est de montrer qu’ils sont en position de force, qu’ils n’ont pas peur d’une éventuelle nouvelle concurrence, et que les droits de la Ligue 1 ne sont pas aussi indispensables pour eux que la LFP ne le croit”. Mickaël Terrien, économiste du sport et maître de conférence à la Faculté des sciences et du sport et de l’éducation physique à l’Université de Lille le rejoint: “Canal+ n’a plus besoin de la Ligue 1. En proposant une multitude d’offres, ils s’aperçoivent qu’ils n’ont perdu quasiment aucun abonné depuis qu’ils n’ont plus les droits de la Ligue 1″.


à voir aussi



Droits TV du foot français : les six dates qui ont précipité la crise


Droits TV du foot français : les six dates qui ont précipité la crise



• Un nouvel appel d’offres va-t-il faire baisser la valeur de la Ligue 1 ?

C’est plus que probable“, répond Mickaël Terrien. “Si Canal+ est le seul diffuseur à répondre à l’appel d’offres, c’est eux qui fixeront les prix, et ils tendront vers une baisse, mais on ne sait pas encore dans quelle mesure”, argumente-t-il. Lors de l’appel d’offres en 2018, pour la période 2020-2024, les droits TV avaient atteint 1,153 milliards d’euros, un record, et une hausse de près de 60% par rapport au contrat précédent. Mais selon Pierre Maes, “la valeur du championnat dépend surtout de ce que les opérateurs sont prêts à payer. Si la valeur de la Ligue 1 a augmenté ces dernières années, c’est qu’il y avait une grande concurrence pour en acquérir les droits. Et aujourd’hui cette concurrence n’existe plus”. Une grande partie des droits TV étant reversée aux clubs, Mickaël Terrien ajoute que les diffuseurs auraient tout de même intérêt à ce que la baisse de leur valeur ne soit pas trop importante: “La qualité du spectacle proposé dépendra du prix qu’ils voudront y mettre”.

• A quoi peut-on s’attendre pour la suite ?

Si Canal+ semble confiant en demandant un nouvel appel d’offre, la chaîne cryptée n’est néanmoins pas à l’abri que d’autres acteurs débarquent sur le marché des droits TV de la Ligue 1, comme Amazon Prime. “On peut imaginer que des acteurs internationaux viennent se positionner parce qu’ils se disent qu’il y a peut-être des droits à récupérer à des prix qui seront bien inférieurs à ce qu’ils ont pu être”, explique Pierre Maes. Mais le lancement d’un nouvel appel d’offre pourrait prendre du temps, alors que Mediapro doit cesser de diffuser le championnat le 31 janvier prochain: “Le délai peut-être réduit si on demande aux opérateurs de se positionner en une semaine, mais ça ne renforce pas, pour la Ligue, les chances de recevoir de belles offres”, commente le spécialiste. Un risque d’écran noir est-il alors envisageable ? “Personne n’y a intérêt, et des solutions seront trouvées. La Ligue peut envisager d’autres alternatives, comme la création de sa propre chaîne”, répond Mickaël Terrien.


à voir aussi



L'implication des GAFAM dans le football, c'est pour quand ?


L’implication des GAFAM dans le football, c’est pour quand ?



• Quelles conséquences pour les clubs ?

Les droits TV représentent en moyenne 50% du budget des clubs, il est donc urgent de trouver une solution. Selon Mickaël Terrien, “cette situation retarde simplement le moment où les droits seront de nouveau versés aux clubs, mais ça ne va pas changer grand chose pour eux, puisqu’à l’heure actuelle, ils ne perçoivent quasiment rien depuis que Mediapro a cessé de payer”. Quid de la proposition de Maxime Saada de diminuer le nombre de clubs professionnels qui se partagent les revenus des droits TV ? Pour Mickaël Terrien une telle réforme présente à la fois des avantages et des inconvénients: “Plus il y a de clubs, plus il y a de matches, donc le produit à vendre est plus important. Mais avec moins de clubs, le championnat peut-aussi être plus compétitif, avec des équipes qui pourraient augmenter leurs dépenses pour éviter la relégation. La Bundesliga fonctionne très bien à 18 clubs, la Premier League fonctionne très bien à 20 clubs. C’est un grand débat, pour lequel il n’existe pas de réponse”.


Go to Source
Author:

Baisse de la valeur de la Ligue 1 ? Ecran noir ? Les 4 questions (et leurs réponses) que pose la restitution par Canal+ de ses droits TV

• Pourquoi Canal+ a-t-elle décidé de restituer les matches pour lesquels elle possédait les droits de diffusion ?

Dans une interview au Figaro, Maxime Saada, président du directoire de Canal+ explique la décision de la chaîne cryptée par des intérêts économiques. Selon lui, Canal+ aurait surpayé le lot n°3, qui comprend deux matches par journée de Ligue 1, puisque les deux premiers lots avaient été acquis par Mediapro: “La valeur du lot 3 est surévaluée du fait du comportement irrationnel de Mediapro durant l’appel d’offres. L’ensemble des acteurs savaient qu’ils n’avaient pas remporté les deux premiers lots. Le lot 3 était donc la dernière chance de repartir avec un lot premium”. La chaîne cryptée semble également revancharde envers la Ligue de Football Professionnel: “Nous n’avons pas été traités correctement ces dernières années. Nous n’oublions ni le report des matchs par la LFP sans concertation lors du mouvement ‘gilets jaunes’, ni l’argent supplémentaire demandé pour décaler le coup d’envoi du match du dimanche soir de 15 minutes, et encore moins les réjouissances de nombreux présidents lorsque Canal+ est rentré bredouille de l’appel d’offres de 2018″.

Cette décision de remettre ses droits en jeu met maintenant la LFP dans l’embarras. Selon Pierre Maes, spécialiste des droits TV et auteur de “Business des droits TV du foot”, les intentions de Canal+ sont claires: “Le message est de montrer qu’ils sont en position de force, qu’ils n’ont pas peur d’une éventuelle nouvelle concurrence, et que les droits de la Ligue 1 ne sont pas aussi indispensables pour eux que la LFP ne le croit”. Mickaël Terrien, économiste du sport et maître de conférence à la Faculté des sciences et du sport et de l’éducation physique à l’Université de Lille le rejoint: “Canal+ n’a plus besoin de la Ligue 1. En proposant une multitude d’offres, ils s’aperçoivent qu’ils n’ont perdu quasiment aucun abonné depuis qu’ils n’ont plus les droits de la Ligue 1″.


à voir aussi



Droits TV du foot français : les six dates qui ont précipité la crise


Droits TV du foot français : les six dates qui ont précipité la crise



• Un nouvel appel d’offres va-t-il faire baisser la valeur de la Ligue 1 ?

C’est plus que probable“, répond Mickaël Terrien. “Si Canal+ est le seul diffuseur à répondre à l’appel d’offres, c’est eux qui fixeront les prix, et ils tendront vers une baisse, mais on ne sait pas encore dans quelle mesure”, argumente-t-il. Lors de l’appel d’offres en 2018, pour la période 2020-2024, les droits TV avaient atteint 1,153 milliards d’euros, un record, et une hausse de près de 60% par rapport au contrat précédent. Mais selon Pierre Maes, “la valeur du championnat dépend surtout de ce que les opérateurs sont prêts à payer. Si la valeur de la Ligue 1 a augmenté ces dernières années, c’est qu’il y avait une grande concurrence pour en acquérir les droits. Et aujourd’hui cette concurrence n’existe plus”. Une grande partie des droits TV étant reversée aux clubs, Mickaël Terrien ajoute que les diffuseurs auraient tout de même intérêt à ce que la baisse de leur valeur ne soit pas trop importante: “La qualité du spectacle proposé dépendra du prix qu’ils voudront y mettre”.

• A quoi peut-on s’attendre pour la suite ?

Si Canal+ semble confiant en demandant un nouvel appel d’offre, la chaîne cryptée n’est néanmoins pas à l’abri que d’autres acteurs débarquent sur le marché des droits TV de la Ligue 1, comme Amazon Prime. “On peut imaginer que des acteurs internationaux viennent se positionner parce qu’ils se disent qu’il y a peut-être des droits à récupérer à des prix qui seront bien inférieurs à ce qu’ils ont pu être”, explique Pierre Maes. Mais le lancement d’un nouvel appel d’offre pourrait prendre du temps, alors que Mediapro doit cesser de diffuser le championnat le 31 janvier prochain: “Le délai peut-être réduit si on demande aux opérateurs de se positionner en une semaine, mais ça ne renforce pas, pour la Ligue, les chances de recevoir de belles offres”, commente le spécialiste. Un risque d’écran noir est-il alors envisageable ? “Personne n’y a intérêt, et des solutions seront trouvées. La Ligue peut envisager d’autres alternatives, comme la création de sa propre chaîne”, répond Mickaël Terrien.


à voir aussi



L'implication des GAFAM dans le football, c'est pour quand ?


L’implication des GAFAM dans le football, c’est pour quand ?



• Quelles conséquences pour les clubs ?

Les droits TV représentent en moyenne 50% du budget des clubs, il est donc urgent de trouver une solution. Selon Mickaël Terrien, “cette situation retarde simplement le moment où les droits seront de nouveau versés aux clubs, mais ça ne va pas changer grand chose pour eux, puisqu’à l’heure actuelle, ils ne perçoivent quasiment rien depuis que Mediapro a cessé de payer”. Quid de la proposition de Maxime Saada de diminuer le nombre de clubs professionnels qui se partagent les revenus des droits TV ? Pour Mickaël Terrien une telle réforme présente à la fois des avantages et des inconvénients: “Plus il y a de clubs, plus il y a de matches, donc le produit à vendre est plus important. Mais avec moins de clubs, le championnat peut-aussi être plus compétitif, avec des équipes qui pourraient augmenter leurs dépenses pour éviter la relégation. La Bundesliga fonctionne très bien à 18 clubs, la Premier League fonctionne très bien à 20 clubs. C’est un grand débat, pour lequel il n’existe pas de réponse”.


Go to Source
Author:

“On l’a fait”: une famille de réfugiés irakiens enfin chez elle, aux Pays-Bas

Il cherchait la sécurité, elle voulait la liberté. Des rêves pour lesquels ils ont tout risqué.  A l’automne 2015, leur petit Adam de quatre mois dans un porte-bébé, Ahmed et Alia, aujourd’hui 32 et 31 ans, ont fui l’Irak pour rejoindre le million de migrants qui s’embarquent alors vers les côtes européennes en quête d’une vie meilleure.

Ils ont frôlé la mort en mer, eu la sensation de perdre leur dignité sur la route des Balkans, vécu en clandestins, souffert la torturante attente du droit d’asile aux Pays-Bas, le nouveau pays qu’ils se sont choisi. Jusqu’au jour où ils ont glissé dans la serrure les clés de leur propre foyer.

Une famille parmi tant d’autres, rencontrée par une journée ensoleillée de septembre 2015 à Guevgueliya, frontière endormie de la Macédoine du Nord avec la Grèce. Ce jour-là, avec des centaines de Syriens, d’Afghans, d’Irakiens, hommes, femmes, enfants, vieillards, blessés, amputés, ils s’engouffrent dans le train qui leur fera traverser la Serbie, direction l’Union européenne.

Pendant cinq ans, une équipe texte, photo, vidéo de l’AFP les a suivis pas à pas, sur les rails, sur la route guidés par des trafiquants, dans un centre d’hébergement lugubre, jusqu’à l’aube de leur nouvelle vie à Duiven, petite ville de l’est des Pays-Bas.

Après avoir survécu à un attentat

Voici l’histoire d’Ahmed et Alia – qui préfèrent garder l’anonymat pour raisons de sécurité – depuis le soir où ils ont décidé de quitter ensemble Bagdad, après avoir survécu à un attentat.

Ce jour d’août 2019, le téléphone sonne, Alia décroche et la nouvelle tombe: elle vient d’obtenir le statut de réfugiée aux Pays-Bas. Au bout du fil, l’avocat qui l’assiste dans ses démarches, confirme: dans la foulée, son mari et son fils auront automatiquement le droit d’asile.

Pour toujours leur vie vient de changer. Le couple s’enlace, s’embrasse, Alia crie, pleure, rit en même temps. « C’était un moment de joie encore plus intense que notre mariage », se souvient la jeune femme aux yeux noisettes.

-Les réfugiés irakiens Ahmad et Alia et leur bébé Adam, alors âgé de quatre mois, se tiennent à côté d’une voie ferrée. Puis le 1er septembre 2015 et Ahmad avec sa femme Alia et leur fils de cinq ans Adam marchent dans la ville d’Arnhem, aux Pays-Bas, le 23 septembre 2020. Photo Aris Messinis / AFP via Getty Images.

Les semaines qui suivent, la famille obtient ses cartes de séjour, permis de voyager. Ils ne sont plus illégaux. Ils ont le droit d’avoir un foyer, de gagner de l’argent, de respirer.

Une vie normale

« Enfin on a pu avoir tout ce que l’on désirait », dit Ahmed, cheveux bruns gominés. « Une vie normale comme n’importe quelle autre famille aux Pays-Bas. »

Partir. Cela s’est décidé après leur premier rendez-vous amoureux depuis leurs fiançailles en 2014. Ahmed a invité Alia à dîner dans un restaurant de Bagdad, Mr Chicken.

Quand soudain la bombe a explosé. Autour d’eux des clients sont tués, Alia blessée au visage en gardera des cicatrices.

« Ce jour-là, j’ai vu la mort. Si nous avions été assis à une autre table, nous n’aurions peut-être pas survécu », dit Ahmed.

A Bagdad, ils mènent la vie classique d’un jeune couple de la classe moyenne. Il tient un magasin de vêtements haut de gamme, elle est la fille d’un professeur de chimie à l’université, ils sont proches de leur famille, ont leur groupe d’amis.

« J’adore mon pays », dit le jeune homme en regardant des images de sa ville sur Snapchat. Mais « en Irak, quand tu pars travailler le matin, tu ne sais jamais si tu rentreras vivant le soir. »

Vend sa boutique

La naissance d’Adam en 2015 donne le départ. Ahmed vend sa boutique et les parts d’une propriété reçues en héritage pour financer « le voyage ».

Ce n’est pas son premier exil. En 2006, au pic de la guerre civile en Irak, sa famille s’est réfugiée en Syrie. Ils sont revenus à Bagdad quand leur pays d’accueil a plongé à son tour dans la violence.

Ensuite, « année après année, la situation en Irak n’a cessé d’empirer, la corruption, les milices ont pris le pouvoir », dit-il. Puis l’Etat islamique, qui s’y est implanté en 2014, entraînant une nouvelle vague d’émigration.

Près de 89.000 Irakiens ont traversé la mer vers la Grèce et l’Italie en 2015, selon le Haut-commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR). L’année dernière, ils étaient plus de 238.000 réfugiés en Europe.

Forcés d’émigrer

« On a été forcés d’émigrer, on n’a jamais eu le choix », dit Ahmed.

Aujourd’hui, Alia, Ahmed et Adam vivent dans une petite maison de trois pièces aux tuiles de briques brunes avec un jardin, dans la ville arborée de Duiven, près de la frontière avec l’Allemagne.

Ils ont repeint les murs en blanc, suspendu des rideaux roses et planté des tomates. A l’entrée, sur le paillasson, il est écrit: « A la maison ».

-Le réfugié irakien Ahmad et sa famille se reposent sur une ligne de chemin de fer alors qu’ils tentent de passer de la Serbie à la frontière hongroise à Horgos le 1er septembre 2015, et Ahmad avec son fils de cinq ans, Adam, assis dans un parc de la ville de Duiven, aux Pays-Bas, le 24 septembre 2020. Photo Aris Messinis / AFP via Getty Images.

« On l’a fait », sourit Ahmed, jean et veste en cuir, en sirotant un café au lait concentré sous les rayons du soleil automnal qui filtrent au travers des larges fenêtres du salon.

Depuis qu’ils ont le statut de réfugiés, ils perçoivent une allocation mensuelle de 1.400 euros et ont obtenu un prêt de 3.500 euros de la municipalité de Duiven pour arranger leur maisonnette. Désormais, ils paient un loyer, la sécurité sociale, l’assurance, l’électricité.

Des cours de néerlandais

Deux fois par semaine, les parents prennent des cours de néerlandais. Le niveau de Ahmed reste basique, Alia se débrouille même si elle passe à l’anglais pour les longues conversations.

Leur fils aux boucles brunes se sent comme un poisson dans l’eau. A bientôt cinq ans, il jongle naturellement entre le néerlandais, l’arabe et l’anglais. Il dit qu’il est « moitié irakien, moitié néerlandais ».

Tous les matins, il part à bicyclette vers l’école et quand le temps le permet, il tape le ballon dans un parc voisin. Ici, pas de bombes, les enfants peuvent jouer seuls.

Adam un enfant comme les autres

Sa petite enfance est loin d’être conventionnelle mais il va bien, estime la directrice de son école Marike Ketelaars. « Adam est un enfant comme les autres. Il veut jouer dehors et se faire des copains. »

Une fois le petit au lit, les parents regardent des séries sur Netflix comme « Game of Thrones » – en néerlandais, sous-titré arabe.

la réfugiée irakienne Alia, 26 ans, tenant son bébé Adam, alors âgé de quatre mois, alors qu’ils voyagent en train de la Macédoine du Nord à la Serbie le 30 août 2015, et Alia quitte sa maison pour aller à l’école dans la ville de Duiven, aux Pays-Bas, le 24 septembre 2020. Photo Aris Messinis / AFP via Getty Images.

Des plaisirs simples qui, jusqu’à il y a peu, semblaient hors d’atteinte.

L’angoisse, la fatigue, la crainte d’être renvoyés à la case départ, jamais ils n’oublieront les tourments de leur odyssée pour arriver là.

Une fois arrivés en Grèce par la mer, les épreuves se sont enchaînées, à commencer par le passage de la frontière serbo-hongroise pour pénétrer dans l’UE. En cet automne 2015, la Hongrie y a érigé des barbelés pour contenir le flux ininterrompu de migrants arrivés par les Balkans. S’ils sont attrapés, ils seront parqués dans un camp de rétention.

Echapper aux détrousseurs de migrants

Alia et Ahmed doivent mettre leur sort entre les mains d’un passeur qui, dans la nuit, les entraîne avec d’autres au milieu d’un champ où ils doivent échapper aux détrousseurs de migrants et aux policiers hongrois.

Dans l’avancée en silence, femmes et bébé au milieu du groupe, ils échappent de justesse à une embuscade, constate alors l’AFP qui les accompagne: émergés de l’ombre, des hommes en tenue de police se tiennent prêts à les attaquer. Des migrants brandissent des branches en guise de défense, les autres s’éparpillent. Alia est pétrifiée de peur. Les assaillants finalement disparaissent dans le noir. Sans doute des voleurs.

Les premiers pas dans cette UE qui les faisait rêver les désarçonnent. A Budapest, ni un hôtel ni même un bordel n’accepte de louer une chambre aux migrants qu’ils sont. Las, ils doivent faire dormir le bébé dans la rue.

En une semaine, leurs économies se sont évaporées.

L’arrivée aux Pays-Bas est un soulagement. Mais il ne dure pas.

Ils ont décidé d’y tenter leur chance sur la route, à la dernière minute, parce qu’ils y avaient de la famille. Mais l’accueil de leurs proches n’est pas à la hauteur de leurs attentes. Une « trahison » pour Ahmed qui se sent abandonné.

Il préfère ne pas s’étendre mais, dit-il, « cela a été la pilule la plus dure à avaler ».

Une errance de quatre ans

C’est le début d’une errance de quatre ans, pendant lesquels ils sont ballottés de camp en camp dont une ancienne prison pour femmes, d’une région à l’autre, perdus dans un labyrinthe de procédures administratives interminables.

En décembre 2015, quand l’AFP les retrouve, la famille vit dans un centre d’exposition reconverti en centre d’hébergement à Leeuwarden, dans le nord. Il habitent dans un box en contreplaqué sans porte ni plafond. « Ce n’est pas la vie, comment expliquer cela? », dit alors Ahmed. « C’est comme être un oiseau dans une cage. »

Leur vie ne tient qu’au fil de l’espoir de se voir accorder le droit d’asile, sans quoi ils ne peuvent travailler, louer une maison, se projeter.

Mais deux fois on le leur refuse. Parce que, leur dit-on, Ahmed est revenu en Irak après son exil en Syrie, ce qui contredit les déclarations selon lesquelles il n’est pas en sécurité dans son pays. A chaque fois ils font appel, en vain.

Vivre dans la clandestinité

Et ils touchent le fond. Pendant une année ils vivent dans la clandestinité, sans documents, contraints de mendier un lit chez des connaissances, avec le sentiment d’avoir perdu toute dignité

-Alia nettoient leur bébé Adam alors âgé de quatre mois alors qu’ils se dirigent vers Belgrade en Serbie, le 30 août 2015 et  Ahmad joue avec son fils de cinq ans, Adam, dans leur maison de la petite ville de Duiven, aux Pays-Bas, le 23 septembre 2020. Photo Aris Messinis / AFP via Getty Images.

« Je ne pouvais rien faire qui implique de montrer ses papiers », raconte Ahmed. « On me regardait de haut, je valais moins que quiconque. »

L’angoisse est telle qu’Alia en perd ses cheveux. « Par moments, c’était plus que je ne pouvais supporter », dit-elle.

Ahmed adore les Pays-Bas et le climat humide qui y règne. « C’est un pays verdoyant magnifique », s’enthousiasme-t-il en tirant sur une cigarette dans son jardin sous le crachin.

Peu à peu, le couple s’est approprié les codes du pays. Les courses dans un supermarché abordable du quartier, le pain et les épices arabes dans la ville voisine d’Arnhem.

En Irak, Alia laissait sa mère cuisiner pour toute la famille. Ici, elle apprend sur des tutos de Youtube à préparer des plats irakiens et néerlandais.

Noue des liens avec les parents d’élèves

Malgré la pandémie de Covid-19 et l’isolement qui l’accompagne, le couple, plutôt sociable, a déjà noué des liens avec les parents d’élèves de l’école qu’ils saluent tous les matins d’un souriant « Goedemorgen » (bonjour).

Depuis leur installation aux Pays-Bas, ils ont bien essuyé des remarques racistes – du type « On fait peut-être ça chez vous mais pas chez nous ». Mais « globalement les Néerlandais nous ont accueillis avec chaleur », dit Ahmed.

Encore ébahi de sa nouvelle vie dans ce pays, qui en 2015 a reçu 58.880 demandes d’asile selon le Service néerlandais de l’immigration et des naturalisations (IND), il lui arrive parfois de s’interroger. Cela valait-il vraiment la peine de se mettre en danger pour cet exil en Europe ? « C’est ici que nous avons décidé d’être chez nous », tranche-t-il.

-Le couple irakien Ahmad et Alia et leur bébé Adam alors âgé de quatre mois dans le centre de Belgrade, en Serbie, le 1er septembre 2015, et le même couple et leur fils Adam, maintenant âgé de cinq ans, faisant du shopping dans la ville d’Arnhem, aux Pays-Bas, le 23 septembre 2020.

Aujourd’hui, Alia est une femme transformée, dynamique, sûre d’elle et de son avenir. Plus rien à voir avec celle qui doutait de leur choix de partir, qui se retranchait inquiète derrière son mari lorsque l’AFP l’a rencontrée sur la route des Balkans.

C’est elle qui finalement a obtenu le droit d’asile pour la famille. Contrairement à son mari, elle n’a jamais quitté l’Irak et à Bagdad elle a dû abandonner le lycée après avoir été menacée par des islamistes. Sa demande, appuyée par un avocat, a été acceptée.

Le moral perdu dans les premières années d’exil est revenu avec la rencontre d’un groupe de demandeurs d’asile vénézuéliens et d’une Polonaise. « Nous avons tout traversé ensemble, le pire et le meilleur », dit-elle. « Ils sont devenus ma nouvelle famille. »

Avec eux, elle a commencé à voir le pays autrement, à sortir, à danser en discothèque, à s’amuser pour la première fois depuis longtemps.

Plus elle s’intègre dans le pays, plus la jeune femme, fan de pop arabe et de reggae latino, déploie ses ailes. Le contrat de location est à son nom, comme le compte en banque.

Souvent en jean, sweat et baskets, les cheveux bruns décolorés à la mode « tie and dye », elle savoure sa nouvelle vie dans un pays où les droits des femmes sont respectés, elle qui n’a jamais adopté les mœurs traditionnelles du Moyen-Orient.

« Ici, je suis libérée de tout cela. »

La nostalgie du pays la gagne parfois. Quand elle évoque sa famille en Irak elle a les larmes aux yeux. Mais aujourd’hui elle « n’a plus aucun regret » d’être partie.

Ce qui ne l’empêche pas de tenir à ses racines irakiennes et de vouloir les transmettre à son fils en lui susurrant des histoires de là-bas, en arabe. « Il va grandir ici mais il doit savoir d’où il vient. »

Pour la suite, Ahmed veut passer son permis de conduire et ambitionne de lancer sa propre affaire, peut-être dans les transports. Dans quatre ans, dès qu’il y sera éligible, il fera une demande de nationalité néerlandaise. « Pour pouvoir exercer mes droits et responsabilités dans le pays qui nous a adoptés. »

« La route est encore longue mais le pire est dernière nous », dit-il. « Maintenant, tout est possible. »

Alia attend leur deuxième enfant. Un jour, comme ses parents, il deviendra un citoyen européen.

Élections américaines – 6 États contestés: des grands électeurs alternatifs

Le saviez-vous ?

Epoch Times est un média indépendant, différent des autres organisations médiatiques. Nous ne sommes influencés par aucun gouvernement, entreprise ou parti politique. Notre objectif est d’apporter à nos lecteurs des informations factuelles et précises, en étant responsables envers notre lectorat. Nous n’avons d’autre intention que celle d’informer nos lecteurs et de les laisser se faire leur propre opinion, en utilisant comme ligne directrice les principes de vérité et de tradition.


Go to Source
Author: Epoch Times avec AFP

Comment la vaccination contre le Covid-19 creuse des inégalités mondiales

Face au vaccin contre le Covid-19, tous les pays du monde ne sont pas égaux. Lesquels risquent de rester sur le bas-côté? Décryptage pour le Désordre mondial d’Anne Sénéquier, médecin, chercheuse et codirectrice de l’Observatoire de la santé mondiale à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS).

Alors que le vaccin contre le Covid-19 arrive sur le marché, les grandes déclarations sur le thème du «bien commun pour l’humanité» qu’il était censé représenter semblent oubliées. Les grandes puissances traitent en direct avec les laboratoires, certains pays seront vaccinés par l’Onu, mais qu’en est-il de tous les autres?

Anne Sénéquier, médecin, chercheuse et codirectrice de l’Observatoire de la santé mondiale à l’Institut de Relations Internationales et stratégiques (IRIS), analyse les enjeux géoéconomiques liés à la vaccination contre le Covid-19 au micro de Rachel Marsden:

«Au niveau des pays à revenus intermédiaires, ils n’ont pas eu l’occasion de passer des accords directs avec les Big Pharma, et ceux qui ne sont pas inclus dans le programme de Covax de l’Onu essaient de négocier avec les laboratoires des partenariats du type “faisons des essais cliniques chez nous pour que nous ayons accès au vaccin.”»


Go to Source
Author:

Pour les députés LREM, la réécriture de l’article 24 est «une humiliation»

L'Assemblée Nationale à Paris


©
Sputnik . Vladimir Fedorenko

«Nous ne sommes pas des paillassons sur lesquels on s’essuie», «c’est une humiliation»: les députés du groupe LREM ayant voté à contrecœur le contesté article 24 de la proposition de loi Sécurité globale dénoncent une insulte «dévastatrice», rapporte Le Monde.

Le 26 novembre, Jean Castex a annoncé la mise en place d’une commission indépendante pour réécrire l’article 24 de la proposition de loi Sécurité globale. Cette nouvelle a provoqué la «colère» de nombre de députés au sein du groupe La République en marche (LREM) de l’Assemblée nationale, qui voient cette commission comme un «court-circuitage éhonté du Parlement», relate Le Monde, ayant consulté la boucle Telegram interne des députés. Dans une lettre à ses troupes, Christophe Castaner a dit avoir «fait part au Premier ministre de [son, ndlr] étonnement». D’autres députés ont choisi des expressions plus explosives.

«L’insulte faite au Parlement et à la majorité est dévastatrice», s’indigne la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet (Yvelines).

«C’est une humiliation», s’exclame Naïma Moutchou (Val-d’Oise), sa vice-présidente.

«Nous ne sommes pas des paillassons sur lesquels on s’essuie», dit Aurore Bergé (Yvelines), tandis que le député Guillaume Kasbarian (Eure-et-Loir) indique: «J’ai dû manquer une étape, on a changé le processus normal de construction de la loi?». Une autre élue se dit «en colère d’être traités comme une vulgaire serpillière». 

Besoin de «l’expertise»

Interrogé sur cette commission, Matignon explique au Monde qu’en dépit de la perspective de l’«amélioration du texte par la navette parlementaire et la saisine du Conseil constitutionnel si des doutes devaient subsister sur la constitutionnalité de ce dispositif, nous constations que des incompréhensions demeurent». 

La nécessité de «l’expertise» d’une commission «qui travaillera sur un périmètre plus large que la seule question de l’article 24, notamment sur la question de la protection des journalistes et du droit d’informer» est également évoquée. 

«Composée de magistrats et de personnalités qualifiées» 

Présidée par Jean-Marie Burguburu, président de la CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’Homme), la commission sera composée «de magistrats et de personnalités qualifiées», a précisé Jean Castex. Ses travaux seront attendus pour la fin du mois de décembre, pour nourrir utilement l’examen de la proposition de loi sur la sécurité globale en janvier au Sénat dans le respect des prérogatives de la représentation nationale». 

L’article 24 de la proposition de loi Sécurité globale interdit de filmer des membres des forces de l’ordre dans l’intention de nuire à leur intégrité «physique ou psychique». Les syndicats de journalistes et les mouvements de défense des droits de l’Homme estiment qu’il restreindra la liberté d’expression.

Jean Castex avait auparavant annoncé son intention de saisir le Conseil constitutionnel au sujet de cet article, ce qu’il a confirmé jeudi. 


Go to Source
Author:

L’équipe juridique de Trump s’oppose aux reportages et réaffirme que 600.000 bulletins de vote de Pennsylvanie ont été traités de manière incorrecte

Le président américain Donald Trump et son équipe de campagne ont repoussé les reportages selon lesquels ils ont réduit les poursuites et les allégations de fraude électorale lors de l’élection du 3 novembre, affirmant qu’ils continuent le dépôt de leur plainte dans laquelle plus de 600 000 bulletins de vote de Pennsylvanie ont été traités incorrectement.

Lundi matin, le porte-parole de la campagne, Tim Murtaugh, a critiqué le reportage du Washington Post, le décrivant comme une « mauvaise interprétation du litige de la campagne Trump en Pennsylvanie », et « prétendant à tort que la campagne a abandonné la réclamation de près de 700 000 bulletins qui ont traités illégalement et en secret. » Il a ajouté : « L’équipe de campagne n’a pas fait une telle chose. »

« Notre procès en Pennsylvanie s’attarde toujours clairement au problème des 682 479 bulletins de vote par correspondance qui ont été comptés en secret », a déclaré M. Murtaugh, suggérant que la Poste n’a pas enquêté sur leur plainte modifiée devant le tribunal.

Trump a rediffusé la déclaration de M. Murtaugh sur Twitter, faisant écho à son affirmation selon laquelle le journal appartenant à Jeff Bezos « a oublié de lire la plainte », tout en soulignant qu’il y a des allégations en suspens de la part des observateurs du Parti républicain en Pennsylvanie qui n’ont pas pu surveiller le processus de dépouillement des votes. Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York qui est avocat et associé de Trump, a également contesté l’article du journal.

Rudy Giuliani a déclaré qu’un autre journaliste, Josh Gerstein de Politico, « a un déficit de lecture » et « n’a pas lu les paragraphes 132 à 150 de la plainte amendée ».

Le Washington Post a indiqué que les avocats ont déposé une nouvelle plainte « supprimant les allégations selon lesquelles les responsables des élections auraient violé les droits constitutionnels de la campagne Trump en limitant la capacité de leurs observateurs à surveiller le décompte des votes ».

La secrétaire d’État de Pennsylvanie, Kathy Boockvar, démocrate, a rejeté à plusieurs reprises les allégations de la campagne Trump selon lesquelles il y aurait eu des fraudes ou des irrégularités électorales dans l’État. Son bureau n’a pas répondu à une demande de commentaires.

« Les questions de droit de l’État qui subsistent devraient encore être résolues par les tribunaux de l’État de Pennsylvanie », ont déclaré les avocats du bureau du procureur général de Pennsylvanie Josh Shapiro au nom de Mme Boockvar, selon une déclaration fournie aux médias ce week-end. « Bien que le secrétaire ne pense pas que l’argument oral soit nécessaire pour se dispenser des allégations et des revendications du demandeur, l’avocat du secrétaire se présentera et sera préparé pour l’argument comme prévu pour mardi […] si la Cour a toujours l’intention d’entendre l’argument. »

L’avocat du président américain Donald Trump et ancien maire de New York, Rudy Giuliani, s’adresse aux journalistes devant la Maison-Blanche à Washington le 1er juillet 2020. (Chip Somodevilla/Getty Images)

Le juge Matthew Brann, nommé par l’ancien président Barack Obama, a entendu des plaidoiries mardi dernier et tiendra une audience jeudi.

Dans une déclaration à Fox News, l’équipe de la campagne Trump a noté qu’elle a modifié la plainte et « a stratégiquement décidé de restructurer son procès pour s’appuyer sur des allégations de violations de la clause de protection égale du 14e amendement à la Constitution des États-Unis », mais ils ont déclaré que les bulletins de vote qui n’ont pas été respectés font partie de leur plainte.

« Nos observateurs n’ont pas eu un accès significatif au dépouillement des votes et nous continuons à intégrer cette revendication dans notre plainte », a également déclaré M. Murtaugh au média. « Malheureusement, de faux militants de l’information se sont précipités pour imprimer leurs titres ‘clickbait’ (pièges à clics), apparemment sans même lire le procès. C’est du journalisme paresseux au mieux, mais plus probablement intentionnellement trompeur. »

NOUVEL HORIZON -Élections USA : soutiens et révélations pour Trump


Le saviez-vous ?

Epoch Times est un média indépendant, différent des autres organisations médiatiques. Nous ne sommes influencés par aucun gouvernement, entreprise ou parti politique. Notre objectif est d’apporter à nos lecteurs des informations factuelles et précises, en étant responsables envers notre lectorat. Nous n’avons d’autre intention que celle d’informer nos lecteurs et de les laisser se faire leur propre opinion, en utilisant comme ligne directrice les principes de vérité et de tradition.


Go to Source
Author: Jack Phillips

«Si le métier paraît trop dur, il faut en faire un autre», lance Mélenchon aux policiers

Jean-Luc Mélenchon


©
AFP 2020 Martin BUREAU

Après les propos de Jean-Luc Mélenchon, lancés sur BFM TV, selon lesquels les policiers pouvaient changer de métier s’il leur paraît «trop dur», Christophe Castaner a riposté sur Twitter en affirmant que «les haines» du leader de LFI «lui ôtent toute part d’humanité». Ce dernier n’a pas tardé à lui répondre.

«Si le métier paraît trop dur, il faut en faire un autre», a déclaré le chef de file de La France insoumise (LFI), invité de l’émission «Face à BFM» le 12 novembre, alors qu’il évoquait le risque pour les policiers d’être victimes de harcèlement ou d’autres formes de haine.

«C’est très difficile d’exercer un métier dans lequel l’État vous délègue une fonction de violence et d’autorité», avait dans un premier temps reconnu le leader de LFI sur le plateau. Il a souligné que «la même question se pose pour les militaires».

Le président du groupe La République en marche (LREM) Christophe Castaner n’a pas tardé à répliquer à Jean-Luc Mélenchon dans une publication sur son compte Twitter.

L’ex-ministre de l’Intérieur a considéré que «les haines de Jean-Luc Mélenchon lui ôtent toute part d’humanité», jugeant les propos du député des Bouches-du-Rhône selon lesquels il faut changer de métier si celui-ci leur paraît «trop dur».

«Monsieur Castaner, que nous appelons tous l’éborgneur, n’est pas celui qui peut parler d’humanité», a réagi Jean-Luc Mélenchon à cette critique sur le plateau BFM TV en précisant que «sous son autorité 32 personnes ont été éborgnées, que cinq personnes ont perdu une main, que des milliers de gens ont été arrêtés».

«Il faudrait peut-être se rappeler tout ça», a-t-il souligné, en référence aux affaires de violences policières.

Environ «565 décès par an au travail»

Le leader de LFI a également accepté l’idée selon laquelle les policiers ont un métier difficile en France.

«Non mais vous me prenez pour qui?», s’indigne l’élu des Bouches-du-Rhône, avant d’ajouter: «les policiers font un métier. Il est difficile, d’autres métiers sont difficiles. Il y a 565 morts par an au travail».


Go to Source
Author:

Mali : Grève illimitée des administrateurs civils: Les explications du gouvernement sur les points de désaccord

Sur les sur onze (11) points sur lesquels la Commission de conciliation a mis en place, le Gouvernement a obtenu deux (02) points d’accord et deux (02) points d’accord partiel. Les sept (07) autres points ont fait l’objet de désaccord entre la partie gouvernementale et la partie syndicale.

Par rapport à l’offre du Gouvernement en vue de trouver une solution à ce problème, il  ressort dans  la Charte de la Transition adoptée lors des journées de concertation nationale sur la Transition des 10, 11 et 12 septembre 2020 et promulguée par le Décret n°2020-0072/PT-RM du 01 octobre 2020 consacre les missions de la Transition en son article 2. Le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, conformément au Décret n°2020-0095/PT-RM du 16 octobre 2020 fixant les attributions spécifiques des membres du Gouvernement, est concerné par les réformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives et plus précisément, il est compétent pour: l’organisation de la représentation territoriale de l’Etat; l’organisation des opérations électorales et référendaires, en rapport avec les autres structures intervenant dans ces opérations; l’élaboration et le suivi de l’application de la législation relative aux groupements et partis politiques; la création, la suppression, la scission ou la fusion de Collectivités territoriales. Dans le cadre de l’exécution des attributions du Département, les chantiers majeurs sont:

-l’achèvement de la réorganisation territoriale par la détermination des circonscriptions administratives et des collectivités territoriales des Régions de Nioro, Kita, Dioila, Nara, Bougouni, Koutiala, San, Douentza et Bandiagara mais seront aussi touchées dans leur configuration actuelle, Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti, les nouvelles créations étant issues d’elles;

– l’organisation technique et matérielle des élections générales de 2022 avec l’élection du Président de la République, l’élection des Députés à l’Assemblée Nationale, l’élection des Conseillers des collectivités territoriales et le cas échéant, l’élection des Sénateurs ;

– la mise en æuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du processus d’Alger dans ses dispositions relatives aux collectivités territoriales, notamment l’augmentation des circonscriptions électorales et la mise en place des Autorités intérimaires et Collèges transitoires.

Le mouvement de grève en cours ne permet point l’exécution des missions assignées à la Transition pour lesquelles tout retard compromet le déroulement normal du processus. Certes les revendications des syndicats sont légitimes, mais le Gouvernement estime qu’au regard des contraintes financières, il y’ a lieu de patienter en attendant la conférence sociale en vue, pour l’harmonisation des grilles salariales et des primes et indemnités. En tout état de cause, le Gouvernement reste ouvert au dialogue, explique, le ministre de l’Administration territoriale.

B. DIALLO

Source : le 22 septembre 


Go to Source
Author: Adam Mallé

Conseils d’administration du CAC 40 : l’éviction des polytechniciens (mais pas des HEC Paris), l’autre effet de la loi Copé-Zimmermann

Les entreprises du CAC 40 sont des lieux centraux du pouvoir économique dans lesquels prédomine une présence masculine, souvent diplômée de très grandes écoles (TGE) : ENA, ENS Ulm, HEC Paris et Polytechnique. En 1989, dans La Noblesse d’État, Grandes écoles et esprits de corps, le sociologue français Pierre Bourdieu montra comment ces institutions constituent des écoles du pouvoir et garantissent un accès privilégié aux instances de gouvernance des grandes entreprises.

En 2008, les conseils d’administration du CAC 40 sont composés à 88 % d’administrateurs (12 % d’administratrices) et à 36,36 % de diplômé·e·s de TGE.

Or, cette Noblesse d’État dans la sphère économique des grandes entreprises connaît actuellement une perte d’influence, notamment en raison des bouleversements dans la composition des conseils d’administration liés à l’instauration, par la loi Copé-Zimmermann en 2011, d’un quota de 40 % de femmes.

Le pourcentage d’administratrices au sein du CAC 40 a ainsi fortement augmenté pour passer de moins de 10 % au début des années 2000 à 43,3 % en 2017, selon les chiffres de l’Observatoire Skema de la féminisation des entreprises.

Figure 1 : Pourcentage d’administratrices au sein du CAC 40.
Auteur

Les administrateur.rice.s du CAC 40 étaient 550 en 2008 et 552 en 2017. Il n’y a donc pas eu une augmentation du nombre de postes d’administrateur.rice.s qui aurait permis aux hommes de garder leurs positions tout en atteignant le quota par l’ajout d’administratrices. L’accroissement de la proportion d’administratrices s’est effectivement fait au détriment des hommes dont le nombre a baissé de 35,12 % passant de 484 à 314 (- 170) alors que celui des femmes a augmenté de 260,61 % en passant de 66 à 238 (+ 172).

Mais ce n’est pas le seul effet de la loi Copé-Zimmermann, puisque son application s’est également accompagnée d’une diminution des diplômé·e·s de TGE (ENA, ENS Ulm, HEC Paris et Polytechnique). En 2008, il y avait 200 diplômé·e·s de TGE qui représentaient 36,36 % des 550 administrateur.rice.s du CAC 40. Parmi ces diplômé·e·s, 95 % étaient des hommes (190 hommes et 10 femmes). En 2017, ils n’étaient plus que 149 (- 51), soient 26,99 % des 552 administrateur.rice.s.

En ce qui concerne les hommes, en 2017, il ne restait plus que 97 administrateurs issus des TGE contre 190 en 2008 (- 48,95 %). La disparition des 170 hommes administrateurs des conseils d’administration du CAC 40 s’explique en partie par l’éviction de 93 diplômés de TGE ; soit plus de la moitié (54,70 %) de la diminution du nombre d’administrateurs. En 2008, les hommes diplômés de TGE représentaient 34,26 % des administrateur.rice.s et seulement 26,99 % en 2017.

Figure 2 : Répartition des diplômé·e·s de TGE au sein des conseils d’administration des entreprises du CAC 40.
Auteur

En revanche, le nombre d’administratrices diplômées de TGE a fortement augmenté en passant de 10 en 2008 à 52 en 2017 (+ 420 %). Ces diplômées représentent 24,41 % de l’augmentation du nombre d’administratrices. Si en 2008, les diplômées de TGE ne représentaient que 15,15 % des 66 administratrices, elles représentaient 21,85 % des 238 en 2017. Les diplômées de TGE ont constitué un vivier de recrutement d’administratrices.

La baisse du nombre d’hommes administrateurs diplômés de TGE (- 48,95 %) a été plus forte que ceux non-issus de TGE (- 26.19 %). En revanche, la hausse du nombre d’administratrices provenant de TGE (+ 420 %) est supérieure à celle des administratrices qui n’en sont pas issues (+ 232 %).

La réduction du nombre de diplômé·e·s de TGE est donc liée à la forte diminution des hommes qui en sont issus. Cette diminution n’a été que partiellement compensée par l’accroissement du nombre d’administratrices diplômées de ces écoles.

Moins de 10 % de polytechnicien·ne·s

La comparaison de Polytechnique et d’HEC Paris explique et illustre les enjeux auxquels font face les grandes écoles pour maintenir leur présence dans les conseils d’administration du CAC 40 lorsque ceux-ci sont soumis à des quotas de femmes.

Entre 2008 et 2017, le nombre de polytechnicien·ne·s dans les conseils d’administration du CAC 40 est passé de 90 à 54 (- 40 %). En 2017, ils ne représentaient plus que 9,78 % des administrateur.rice.s, contre 16,36 % en 2008. Cette diminution a concerné exclusivement les hommes.

En 2008, les 89 polytechniciens représentaient 99 % des polytechnicien·ne·s administrateur.rice.s ; une seule polytechnicienne était présente dans les conseils d’administration du CAC 40. En 2017, le nombre de polytechniciennes avait fortement augmenté en passant de 1 à 13 (+ 1200 %).

Figure 3 : Répartition des diplômé·e·s de l’École polytechnique dans les conseils d’administration des entreprises du CAC 40.
Auteur

En revanche, les diplômé·e·s. d’HEC Paris ont quasiment maintenu leur présence dans les conseils d’administration du CAC 40 entre 2008 (43) et 2017 (40), soit une baisse limitée de 6,98 %. En 2008, les diplômés d’HEC Paris prédominaient sur les diplômées (95,35 % contre 4,65 %). Si le nombre d’hommes administrateurs issu de cette école a baissé (- 12) il a quasiment été compensé par l’augmentation des administratrices diplômées de l’école (+ 9).

Figure 4 : Répartition des diplômé·e·s d’HEC Paris dans les conseils d’administration des entreprises du CAC 40.
Auteur

La capacité d’HEC Paris à remplacer ses diplômés par des diplômées lui a permis de maintenir sa présence dans les conseils d’administration du CAC 40. En revanche, c’est l’incapacité de Polytechnique à permettre un tel remplacement qui explique l’éviction de ses diplômé·e·s.

La mixité des étudiants au sein des TGE détermine à terme la capacité de ces institutions à fournir des administrateur.rice.s. Moins les effectifs étudiants sont féminisés et moins une TGE est en capacité de fournir des administratrices au marché du travail.

Or, historiquement, l’École polytechnique est peu féminisée. Elle s’est ouverte aux femmes en 1972 et en 2012, les filles ne représentaient encore que 13,4 % des étudiant·e·s. HEC Paris s’est ouverte aux femmes en 1973 et en 2012, les effectifs étudiant·e·s étaient proches de la parité avec 44,5 % de filles.

Des effectifs à féminiser dans les TGE

Au-delà de la mixité, la mise en œuvre de la loi Copé-Zimmermann a donc modifié l’origine éducative des administrateur.rice.s en entraînant une éviction des diplômé·e·s de TGE. La faible féminisation des effectifs étudiants réduit le vivier de potentielles administratrices que ces écoles peuvent offrir.

La promotion de la mixité par les grandes écoles, notamment d’ingénieurs, ne concerne pas uniquement leur responsabilité sociale de lutte contre les discriminations mais également leur capacité à maintenir leur présence au sein des lieux de pouvoir que sont les conseils d’administration des grandes entreprises.

L’exemple des conseils d’administration montre que trois facteurs influencent la mixité : la contrainte économique du marché du travail qui fournit des administrateur.rice.s qualifié·e·s des deux sexes, la contrainte sociétale qui impose une norme sociale en faveur de plus de diversité et, la contrainte légale qui promeut par la loi l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Les trois mécanismes sont nécessaires et complémentaires.

Pierre Bourdieu aurait sûrement apprécié à sa juste valeur que la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes se traduise par une forte diminution des membres de la Noblesse d’État au sein des conseils d’administration du CAC 40 et, corollairement, une plus grande diversité des origines éducatives des administrateur.rice.s.


Go to Source
Author: Michel Ferrary, Professeur de Management à l’Université de Genève, Chercheur-affilié à Skema Business School, SKEMA Business School

Au Mali, le mouvement terroriste AQMI devient incontournable

Avec la libération massive de prisonniers, parmi lesquels des terroristes connus, Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI)  impose son leadership au sein de la mouvance djihadiste et s’impose comme un interlocuteur reconnu du pouvoir malien

Le rayonnement d’AQMI s’explique d’abord, ces derniers mois, par le recul  des mouvements armés concurrents, l’Etat Islamique au Grand Sahara (EIGS). Cible prioritaire de l’armée française depuis le sommet de Pau,  où Emmanuel Macron avait convoqué les présidents des pays  du G5. Ainsi l’EIGS a perdu son chef militaire, le Sahraoui Abdel Hakim, donné pour mort après une frappe de la force Barkhane contre un convoi de plusieurs véhicules le 17 août à Tamalate, au Mali.

Fort de ses succès militaires, AQMI soigne le moral des troupes, en démontrant sa fidélité aux combattants, même de deuxième rang. La libération des 204 détenus libérés a conforté sa popularité. Dans un communiqué publié après l’échange et traduit par notre confrère Wassim Nasr, l’organisation militaire invite les « savants, professeurs, moudjahidines, soutiens et autres, dans les prisons des pays arabes et occidentaux » à rester patients. « On ne vous oublie pas et nos épées ne seront pas rangées avant de vous libérer »

EAQMI par ailleurs a renfloué ses caisses, avec les rançons fraîchement gagnées (entre 10 et 20 millions d’euros selon les sources). Le grand méchoui renvoie, dans ces rudes contrées, une image d’opulence.

Du coup, AQMI a fédéré sur le terrain de nombreux mouvement.. On voit, en effet, assis côte à côte, priant ou se faisant l’accolade, les chefs d’ AQMI et Morabitoune, l’organisation dont Mokhtar Bel Mokhtar était le chef jusqu’à sa mort.

L’unité et la force

Logique, puisque  les otages étaient détenus par ces deux organisations, précisément. Trois sur les quatre (Sophie Pétronin, Soumaïla Cissé et Nicola Ciacchio) étaient entre les mains du groupe commandé par Talhat Al-Libi (AQMI). C’est lui, autour de la table de jeu, qui avait la main décisive, car les autorités maliennes, que ce soit le Président Ibrahim Boubacar Keita ou la junte qui l’a renversé, étaient prêtes à beaucoup de concessions pour libérer Soumaïla Cissé, le chef de l’opposition. Dans un audio en langue peule diffusé au lendemain de son enlèvement, un ravisseur de l’homme politique malien n’hésitait pas à jouer les gros bras: « Soumaïla est un très gros poisson. Nous en retirerons beaucoup d’argent. Nous exigerons que nos cadres soient relâchés. »

L’otage drançaise, Sophie Pétronin permettait, elle, de neutraliser la France dont le potentiel de nuisance sur le processus de négociation était réel. Or malgré la volonté aujourd’hui de  se démarquer des termes de cet échange otages contre prisonniers, les autoirités françaises ont laissé faire l’ex Président Ibrahim Boubacar Keita, qui avant la h-junte militaire avait démarré ces négociations aec les groupes armés.

De l’autre côté, engageant l’Italie et le Vatican, qui aurait, selon certaines sources, payé 10 millions d’euros de rançon, le prêtre italien Pier Luigi Maccalli était, lui, détenu par Abou Walid Sahraoui, actif au Niger, où le religieux avait été enlevé en septembre 2018.

Bien qu’ayant officiellement rallié l’Etat islamique alors qu’il appartenait à Morabitoune, Abou Walid n’a jamais quitté le redoutable groupe responsable des attentats meurtriers de Bamako, Ouagadougou et Grand Bassam. Il a joué sa carte, lui-aussi, autour de la table. Sans se démunir totalement puisqu’on lui impute les enlèvements du Roumain Lulian Ghergut, au Burkina Faso, en 2015 ainsi que celui de l’Américain Jeffrey Woodke, au Niger, l’année suivante. L’Australien Ken Elliott, aurait, lui, été enlevé à Djibo, au nord du Burkina Faso, en 2016, par l’autre branche de Morabitoune dirigée par Belmokhtar.

Depuis la mort du charismatique émir algérien, on ne sait pas qui est le chef de cette organisation qui détient donc toujours trois otages occidentaux. Abou Walid ne figure pas sur l’album de famille. Il se trouverait actuellement dans le sud de la Libye.

Yiad Ag-Ghaly, figure paternelle et éminente, trône en blanc

Celui qu’on voit, trônant au centre de plusieurs photos, c’est le vieux chef touareg Yiad Ag-Ghaly vêtu, comme un imam, d’un boubou et d’un chèche immaculé, figure paternelle et éminente. Il est toujours l’émir d’Ansar el Dine et dirige la faitière d’AQMI au Mali, le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans, qui coiffe toutes les autres organisations et en assure la promotion politique et surtout, locale. Malien, Azawadien, il incarne AQMI au Sahel. Sans avoir directement participé au jeu.

A sa droite, sur une photo, on peut voir l’artificier algérien d’AQMI, Taher Abou Saad, lunettes noires et chèche kaki, qui a perdu un bras et la vue en manipulant une bombe : une figure historique de l’organisation, qui devait bientôt être jugé par la cour d’assises. A sa gauche, l’ancien commissaire islamique de Gao, Aliou Mahamane Touré, condamné l’année dernière à dix ans de prison.

Une autre star djihadiste identifiée presque à coup sûr sur les photos, qui figure bien sur la liste des 204 prisonniers libérés, est l’imam Mahamoud Barry, ancien cadre militaire d’Ansar Dine proche d’Amadou Kouffa, le chef du Front de Libération du Macina.

Ces images pleinement assumées, à visage découvert, sont très rares. Les terroristes maliens ne se cachent plus.

Mondafrique


Go to Source
Author: bamada.net